L’explosion démographique sera de plus en plus forte en Afrique. La population du continent noir va croître plus que le reste du monde au cours des trente prochaines années, ce qui posera un véritable problème en matière de développement et de satisfaction des besoins des populations en matière d’éducation, de santé, de logement et surtout d’emploi.

En effet, la population africaine devrait dépasser le double pour atteindre 2,6 milliards d’ici 2050, a indiqué l’organisation privée Population Reference Bureau (PRB) dans son nouveau rapport publié sur son site web. Dans son rapport intitulé « World Population Data Sheet 2018 », cette organisation spécialisée dans la collecte et les fournitures de données statistiques à des fins de recherches axées sur l’environnement, la santé et la structure de population, a estimé que la population de 26 pays, presque tous situés en Afrique, aura au moins le double d’ici 2050. « Le Niger en Afrique de l’Ouest verra sa population presque tripler », prédit le rapport. Le Nigeria, actuellement septième pays le plus peuplé, deviendra troisième pays le plus peuplé à l’échelle mondiale. Sa population devrait atteindre 411 millions à l’horizon 2050, en hausse de 109% par rapport à 2018. Globalement, la population mondiale atteindra 9,9 milliards d’habitants au terme des trois prochaines décennies, soit une augmentation de 2,3 milliards ou 29% par rapport aux 7,6 milliards d’habitants actuels, selon les projections du PRB. Le PRB estime à 2,4 le taux de fécondité global (ISF, ou naissances moyennes par femme au cours de la vie).
« L’ISF mondial a diminué au cours des dernières décennies, mais reste suffisamment élevé pour générer une croissance continue de la population », notent les auteurs du rapport. Les trois pays ayant les ISF les plus élevés sont le Niger (7,2), le Tchad (6,4) et la République démocratique du Congo (6,3), tandis que les plus faibles se situent en Corée du Sud (1,1), à Singapour (1,2) et à Taiwan (1,2). Le PRB s’attend à une augmentation du nombre de personnes en Asie d’environ 717 millions à 5,3 milliards, tandis que l’Europe verrait sa population passer à 730 millions.
La population des Amériques devrait passer de 1 milliard actuellement à 1,2 milliard et l’Océanie (qui comprend l’Australie et la Nouvelle-Zélande) devrait passer de 41 millions à 64 millions. Au total, 38 pays compteront des populations plus faibles en 2050 qu’en 2018. La Chine enregistrera la plus forte diminution de la population (environ 50 millions), suivie du Japon (25 millions) et de la Russie (9,4 millions). La Roumanie connaîtra la plus forte baisse en pourcentage de la population (23%), selon les données de PRB. La population des Etats-Unis atteindra 390 millions d’habitants, contre 328 millions en 2018.L’Inde supplantera la Chine comme pays le plus peuplé du monde avec 1,68 milliard d’habitants, a estimé le rapport. La croissance démographique incontrôlée de la population concerna également l’Algérie au cours des trente prochaines années. Les statistiques officielles indiquent que la population algérienne a augmenté de 1,1 million de personnes l’an dernier. Une tendance en hausse qui va se poursuivre, prévoient les spécialistes. L’amélioration de niveau de vie des citoyens et la distribution des millions de logements entre 2000 et 2017 a favorisé la hausse des mariages et des naissances. Conscients des conséquences d’une explosion démographique, les pouvoirs publics pensent d’ores et déjà de retourner au planning familial abandonné au début des années 90 suite à la chute drastique de nombre de naissances par rapport au milieu des années 80 où le pays enregistrait en moyenne 800 000 naissances vivantes pour 22 millions d’habitants. Il est fort probable que les pouvoirs publics lancent des campagnes de sensibilisation sur le planning familial notamment en ce qui concerne l’espacement des naissances