Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a fait état, hier,  de 62 cas de choléra confirmés et 62 autres négatifs sur les 173 cas hospitalisés depuis le 7 août.

En revanche, «aucun nouveau décès n’a été notifié en dehors des deux décès qui ont été enregistrés au niveau de la wilaya de Blida». Le ministère a indiqué, dans un nouveau bilan établi à la date du 28 août, que les cas confirmés sont répartis à travers six wilayas du centre du pays, en l’occurrence Bouira (3 cas), Blida (30 cas), Tipasa (14 cas), Alger (13 cas), Médéa et Aïn Defla (1 cas chacune). La même source relève, en outre, que «tous les malades sont pris en charge au niveau de l’EHS El Kettar et l’EPH de Boufarik» et que «85 cas ont été mis sortants», assurant que les cas restant hospitalisés «évoluent favorablement».
Plus de chlore et contrôle des sources
Alors que le foyer origine du cholera demeure inconnu, l’heure est à la vigilance et méfiance,notamment en matière de consommation d’eau de source. Après le rapport positif assurant que l’eau de la source Sidi El Kebir de Tipaza est bel et bien contaminée au choléra, le ministère des Ressources en eau a procédé à l’installation d’une commission de suivi et de contrôle de la qualité des eaux de sources appartenant à des particuliers dans les wilayas de Blida et Tipaza, a annoncé, mardi, la directrice du laboratoire central de la Société des
eaux et de l’assainissement d’Alger (SEAAL), Laïla Farah. «La mission a été assignée à la SEAAL, l’Algérienne des eaux, l’institut Pasteur, l’Agence nationale des ressources hydriques ainsi que les directions de santé des wilayas de Blida et Tipaza pour cartographier les sources appartenant à des propriétaires privés en vue d’identifier celles qui sont susceptibles de présenter des risques pour la santé des citoyens», a déclaré Mme Farah à la presse lors d’une conférence sur le processus de contrôle des eaux. Les membres de la commission effectueront un travail de terrain en prélevant un échantillon de chaque source qu’ils achemineront vers différents laboratoires, selon les explications de cette responsable, qui précise que le travail consiste également à s’assurer que ces sources ne se trouvent pas à proximité de fosses septiques et répondent tout à fait aux normes de salubrité. «L’opération de recensement des sources appartenant à des particuliers devrait s’étendre progressivement à d’autres wilayas pour couvrir tout le territoire national», a-t-elle indiqué. A propos de la polémique sur la potabilité de l’eau du robinet, boycottée par la majorité de peur qu’elle ne soit contaminée, la responsable a fait savoir qu’«il n’y a pas de risque du moment que cette eau est soumise à un contrôle qui répond aux normes internationales», a-t-elle assuré, en ajoutant que ses services effectuent «annuellement 6000 contrôles bactériologiques et 250 000 contrôles de chlore au niveau d’Alger», soulignant que les services de la SEAAL font des contrôles préventifs. Dans ce sens, elle a annoncé que le ministre de tutelle, Hocine Necib, a donné des instructions pour l’augmentation du taux de chlore de 10 à 20% au niveau des stations d’épuration et des réservoirs d’eau, afin de prévenir tout risque de contamination. La responsable n’a pas manqué de préciser qu’il s’agissait d’une mesure ordinaire pour les cas d’épidémie.

Sanctions à l’encontre des pollueurs, un projet en phase de réflexion

De son côté, la ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, Fatima Zohra Zerouati, a annoncé, mardi, le lancement, jeudi, d’une campagne nationale pour le nettoyage de l’environnement à travers tout le territoire national, avec la contribution de plusieurs secteurs et instances concernés ainsi que des entreprises économiques et des organisations de la société civile. Cette campagne vise à sensibiliser le citoyen sur l’impératif de préserver l’environnement et l’espace de vie et de l’impliquer dans des actions de nettoyage qui ne seront pas « conjoncturelles », a indiqué la ministre lors d’une rencontre a Alger. Déplorant le manque de civisme de certains citoyens, la ministre a fait part d’une «sérieuse» réflexion sur l’institution d’une peine applicable par la force de la loi à toute atteinte à l’environnement.
Elle a évoqué, à ce propos, une proposition de sanctions à l’encontre des pollueurs au Conseil du Gouvernement. Soulignant que la priorité du ministère actuellement est d’œuvrer afin d’inciter les citoyens à faire preuve de civisme. Il faut noter que depuis l’annonce de l’épidémie, la société algérienne assiste à une série de campagnes de sensibilisation et de nettoyages de quartiers.