«Contrairement à ce qui a été rapporté par une certaine presse, qui a repris les divagations d’un journal électronique, il n’y a pas eu d’encombrements au service infectieux ni aux urgences médicales, et encore moins à la réanimation.» Les propos du chargé de la communication au niveau du CHU de Constantine

ont été d’une limpidité qui n’a eu d’égale que les « fake news » distillées par un média électronique et reprises par plusieurs quotidiens, faisant état d’un véritable siège du service infectieux, et que les médecins et les paramédicaux étaient tellement débordés qu’ils ne savaient plus où mettre les malades, en attendant que Pasteur livre les résultats des analyses des prélèvements sur des malades gardés en quarantaine ! Rien que ça. Pour en avoir le cœur net, nous nous sommes déplacés au niveau de tous les services cités, et, sur place, nous avons pu constater, qu’effectivement il y avait du monde, mais pas plus que d’habitude, le dimanche étant une journée de consultation par excellence. De quarantaine, il n’y en avait point, et encore moins de siège des services ou un quelconque état d’alerte. «Les fausses infos distillées ont eu pour seul impact que des parents de malades hospitalisés ont voulu faire sortir les leurs, craignant une infection par le vibrion, la bactérie responsable du choléra», nous dira encore notre source. Les responsables administratifs du CHU nous ont même présenté le registre des entrées, à partir du deuxième jour de l’Aïd, mercredi passé, et, à part des bobos dus à une mauvaise manipulation des couteaux pour l’égorgement ou l’équarrissage des moutons, toutes les autres entrées sont dus à des accidents de la route ou ménagers et surtout à d’indispositions gastriques liées dans la majorité des cas à une surconsommation de la viande de l’Aïd.
Pour le service infectieux, les souvenirs de l’année passée sont encore vivaces quand une jeune infirmière a rendu l’âme, après avoir été contaminée par une dame atteinte de tuberculose infectieuse. «Cet accident, très rare dans notre service, a été une leçon pour nous, nous dira un jeune résident. Cela prouve que le risque zéro n’existe pas. Mais concernant le choléra, et vu que l’alerte a été donnée au centre du pays, nous avons eu le temps de prendre nos dispositions, bien qu’elles étaient déjà prises sans ça. Je peux vous assurer qu’au CHU de Constantine, il n’y a pas eu de cas de malades atteints de choléra, mieux, il n’y a même pas eu de cas suspects.»
Toutes ces paroles et visites à plusieurs services du CHUC Ben-Badis auront eu le mérite de nous prouver que les alertes au choléra à Constantine ne sont que pures affabulations. L’hôpital continue de fonctionner normalement, c’est-à-dire mauvais accueil des malades, nombre de lits insuffisants pour les parturientes, service d’oncologie presque prêt depuis… dix ans, une saleté repoussante, bref les journées normales d’un hôpital algérien, mais sans le choléra. Et c’est déjà ça !n