Les cas de choléra ont fait l’objet, hier, d’une salve de déclarations de la part des membres du gouvernement ainsi que des autorités sanitaires. Le hic est que les déclarations des autorités sanitaires sont en totale contradiction avec celles des membres du gouvernement, dont essentiellement le ministre de la Santé. C’est ainsi que le directeur de l’Institut Pasteur,
Zoubir Harrat, a fait un nouveau point sur l’évolution épidémiologique du choléra, hier.

Selon lui, le nombre de personnes contaminées pourrait connaître une nouvelle hausse. « Actuellement, le nombre de cas suspects s’élève à 161, dont 116 sont hospitalisés à Boufarik et El Kettar», a indiqué le directeur de l’institut Pasteur qui a également annoncé que 45 personnes ont quitté l’hôpital. Cette déclaration contredit nettement celle du ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui, la veille, dans laquelle il avait affirmé publiquement que l’épidémie de choléra sera éliminée «dans les deux à trois jours qui viennent».
En visite à l’hôpital de Boufarik, le ministre de la Santé, qui s’exprimait face aux journalistes, avait assuré que la «situation est sous contrôle», prenant aussi l’engagement que
« l’épidémie sera éradiquée dans les trois prochains jours ». Toutefois, Hasbellaoui s’est rétracté, hier, dans un communiqué rendu public, démentant «les propos qui lui ont été attribués par des journaux». Sauf que ses propos ont bel et bien été enregistrés par les caméras des télévisions.
Etait-il conscient de la gravité de ses déclarations ? Pouvait-il raisonnablement rassurer la population face à une infection des plus contagieuses et qui a été marquée par un afflux massif des citoyens vers les hôpitaux ? Hasbellaoui sera-t-il sanctionné ? La question reste posée. De leur côté, d’autres membres du gouvernement sont intervenus par rapport à l’épidémie, mais en des termes bien mesurés.
C’est le cas du ministre de l’Agriculture, qui s’est, pour la première fois, exprimé depuis la mise en évidence de l’épidémie. Dans un communiqué rendu public, hier, le ministère explique que «l’ensemble des fruits et légumes présents sur le territoire national sont propres à la consommation».
«Les fruits et légumes ne représentent aucun danger sur la santé de la population et ne contiennent pas le vibrion cholérique», souligne le communiqué, selon lequel «l’ensemble des directions régionales reliées au ministère étudient actuellement la situation sanitaire qui demeure sous contrôle». Le ministère avertit les agriculteurs qu’en cas de non respect des règles sanitaires s’agissant de l’irrigation des plantations, il sera procédé «à la saisie des fruits et légumes ainsi qu’à leur destruction». La ministre de l’Education nationale, Mme Nouria Benghebrit, de son côté a appelé les responsables des établissements scolaires à prendre toutes les mesures idoines pour faire face à l’épidémie du choléra. «L’heure est à la précaution et non à la panique», a-t-elle soutenu avant de souligner qu’il faut distinguer entre «prendre ses précautions et la panique ». Le patron du FLN a parlé aussi de l’épidémie de choléra. «Chaque année, il y a 4 millions de cas dans le monde et entre 120 000 et 130 000 morts. En Algérie, il y a eu juste deux décès et la situation est en train de s’améliorer», dira-t-il en pointant un problème de communication et aussi de civisme. Car, souligne-t-il, «le choléra avant d’être un problème de santé et d’abord celui de l’hygiène et de civisme». <