Initialement prévus pour être consommés au bout des deux jours de l’Aïd, les  9 millions de mètres cubes d’eau emmagasinés pour la circonstance ont été engloutis dès les premières heures de la célébration du rituel sacrificiel.

Exactement, entre 7 et 14h, le premier jour de l’Aïd, pour reprendre le directeur général de l’Algérienne des eaux (ADE), Smaïn Amirouche, qui s’exprimait, jeudi dernier, au cours d’une conférence de presse, sur l’évaluation de l’alimentation en eau potable durant l’Aïd, tenue conjointement avec des responsables des entreprises du secteur. Il parle même d’un record dans la mesure où la consommation domestique de l’eau potable a atteint son apogée le premier jour de l’Aïd El Adha, alors que la quantité journalière de 9 millions de mètres cubes d’eau distribuée au niveau national devait être répartie sur 48 heures, avec une moyenne prévisionnelle de 5 millions m3 durant le premier jour de l’Aïd et 4 millions de m3 durant le second jour.
M. Amirouche a estimé que ce volume global de 9 millions de mètres cubes, qui alimente en temps ordinaire les ménages, les hôtels, les administrations et les industriels, a été utilisé à 80% par les seuls ménages. Toutefois, «comme les deux jours de cette fête religieuse sont fériés, les quantités inutilisées par les établissements administratifs et les usines ont suffi à compenser cette surconsommation domestique lors de cette période exceptionnelle», a-t-il souligné. Pour illustrer le pic de consommation, le directeur général de l’ADE a donné l’exemple des wilayas d’Alger et de Tipasa, qui utilisent d’habitude 1,2 million de mètres cubes d’eau par jour chacune, qui ont épuisé la totalité de leur quota en l’espace de 6 heures durant le premier jour de l’Aïd. Il faut savoir que l’Algérien consomme habituellement durant l’année 80 litres par jour. Mais durant l’Aïd El Adha, sa consommation passe à 300 litres/jour.
Cependant, l’eau était globalement disponible et les stations de pompage et de dessalement ont fonctionné à plein régime, selon l’évaluation du directeur de l’ADE. Il a, toutefois, admis que certaines villes souffrent toujours d’un déficit en cette ressource.
A ce propos, M. Amirouche a reconnu qu’il y a effectivement des communes qui sont alimentées un jour sur deux, d’autres un jour sur trois, voire plus, mais «des projets sont en cours pour parvenir à une alimentation quotidienne en eau potable à travers tout le territoire national», a-t-il rassuré.
Pour sa part, le directeur d’exploitation de la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal), Slimane Bounouh, a affirmé que les stocks des réservoirs d’eau à Alger et ses environs, qui étaient à leur plus haut niveau à 5h, ont commencé à diminuer au fur et à mesure pour atteindre leur plus bas niveau vers midi. «Cela a provoqué des baisses de pression de l’eau de robinet notamment au niveau des étages supérieurs des immeubles. Il nous a fallu du temps pour reconstituer les stocks», a-t-il ajouté.
Pour parer au manque d’eau provoqué par cette surconsommation,  M. Bounouh a indiqué que la Seaal a mobilisé 29 camions citernes, notamment dans l’est de la capitale, où le déficit en ressources hydriques est plus ressenti par rapport aux autres régions de l’Algérois, comme les communes d’Aïn Taya, Bordj El Bahri, El Marsa, Dergana et Heraoua, où il y a un manque plus important par rapport aux années précédentes. Ce qui est dû, selon lui, aux 15 000 nouveaux logements construits dans ces villes. «La population établie à l’est d’Alger a augmenté et beaucoup de foyers ont été raccordés», a-t-il expliqué, assurant que la Seaal œuvre pour une meilleure distribution de l’eau dans cette région par la mise en service de grosses canalisations. Il faut rappeler que le premier responsable de l’ADE s’était déjà exprimé la veille de l’Aïd pour faire part de la mobilisation de ses structures le jour J. Il a fait savoir que l’Algérienne des eaux a commencé à augmenter sa production en eau depuis une semaine et 80 stations de filtrage travailleront à une capacité maximale, en plus de la mise en place de 400 citernes prêtes à intervenir en cas de manque d’eau dans certaines régions. Plusieurs autres acteurs dans le secteur de l’eau devaient participer à cette opération. Parmi eux, l’Office national de désinfection pour le nettoyage des équipements et des sites d’approvisionnement afin de préserver la qualité de l’eau potable.