***Le nombre de peaux collecté a dépassé l’objectif assigné par le ministère de l’Industrie et des Mines, initiateur de l’opération.

Le ministère de l’Industrie et des Mines s’était fixé comme objectif de collecter 800 000 peaux de mouton sacrifiés le jour de l’Aïd El Adha dans six wilayas, Alger, Constantine, Jijel, Batna, Sétif et Oran, choisies dans cette opération qu’il a initié. Mais selon un premier bilan, la collecte s’est soldée par un total de 900 000 peaux et 500 tonnes de laine. C’est ce que précise un communiqué du ministère de tutelle rendu public jeudi dernier. Il est mentionné dans ce document que le nombre de peaux collectées aurait pu être plus élevé n’était un manque d’efficacité dans certains lieux où était menée cette opération de collecte. Selon des informations qui nous sont parvenues, les concepteurs du projet n’ont pas suffisamment communiqué sur les sites prévus pour réunir les peaux, notamment dans les zones urbaines de plus de 1 000 habitants, poussant ainsi les citoyens à se débarrasser des peaux n’importe où, rendant ainsi la collecte ardue pour ne pas dire impossible par manque de moyens humains. Pour rappel, dans chaque commune, le ministère de l’Intérieur devait identifier des sites de dépôt et désigner des agents responsables de ces sites avec l’appui des associations de quartier, mais, apparemment, ce dispositif a battu de l’aile par endroits et a bien marché dans d’autres. Toutefois, le ministère se dit largement satisfait par les résultats obtenus, lit-on, dans le communiqué. Il est mentionné qu’au vu de la réussite de l’opération de cette année, largement diffusée par les médias et ayant enregistré l’adhésion des citoyens, le ministère envisage de la généraliser à l’échelle nationale, pour une collecte des peaux plus optimale. «Tirant tous les enseignements de cette opération de collecte, le ministère mettra en place prochainement un groupe de travail élargi, composé de toutes les parties prenantes, pour préparer, d’ores et déjà, sa généralisation à toutes les wilayas du pays, dès l’Aïd El Adha 2019», précise encore le communiqué du ministère de l’Industrie. De leur côté, les professionnels indiquent que «les peaux collectées, après traitement, permettront aux professionnels du cuir non seulement de satisfaire les besoins du marché interne, mais également d’en exporter une partie du fait de l’excellente qualité du cuir et de la laine issus de l’élevage algérien, très prisés par les plus grandes marques mondiales versées dans la maroquinerie et l’habillement à base de pure laine». Un atout qu’il serait utile d’exploiter surtout quand on sait que les peaux jetées chaque année constituent, selon les experts dans le domaine, un manque à gagner pour le pays estimé entre 20 et 30 millions d’euros. Comme il faut souligner au passage que la collecte des peaux d’ovins et bovins, qui sont sacrifiés durant l’Aïd, constitue une bouffée d’oxygène pour les entreprises de tannerie, mises à rude épreuve par le manque de matière première, à savoir les peaux brutes. Ainsi, elles ne sont pas en mesure de répondre aux besoins des entreprises de la filière cuir et, par ricochet, les entreprises du cuir s’en trouvent pénalisées. Ce manque de peaux tannées est devenu le problème majeur que rencontre la filière à la recherche de dynamisation. Cela justifie le fait que la collecte des peaux est d’un grand intérêt. Il est déplorable de continuer à jeter des peaux de mouton alors qu’il est démontré l’importance de la mise en valeur de ce produit de qualité. Et quand on sait que près de 4 millions de têtes d’ovin sont sacrifiées le jour de l’Aïd El Adha, sans pourtant que cette donne soit mise à profit, cela relève de l’incompréhensible notamment en ces temps où les recettes extérieures du pays sont en nette baisse. Une niche d’entrée de devises qu’il devient urgent d’exploiter.
Rappelons, enfin, que suite aux résultats de l’opération collecte de peaux enregistrés cet Aïd, le ministère initiateur de l’opération a tenu, à travers son communiqué, à saluer la pleine adhésion des citoyens à cette opération, ajoutant que ce succès n’aurait pu être réalisé sans la prise de conscience des citoyens, pour assurer la propreté de leur environnement, sans la contribution pleine et entière des APC, des entreprises de nettoyage et sans les aides multiformes d’entreprises ou de commerçants, qui n’ont pas hésité à fournir gracieusement du sel, ou sans la contribution de transporteurs bénévoles vers les lieux de collecte.