Comment après plus d’une soixantaine d’années, l’Algérie regarde sa Révolution et les évènements marquants qui ont fondé sa construction ? L’offensive du Nord-Constantinois, le 20-Août 1955, et, une année après, le Congrès de la Soummam, le 20-Août 1956, ont été des étapes décisives pour construire, échafauder et bâtir ce qui constitue aujourd’hui la maison Algérie. L’une relevant de la stratégie militaire qui a élevé le sens du sacrifice et la volonté d’indépendance de tout un peuple au rang de réalité irréfragable. Et l’autre relevant de la maturité politique, celle qui aura scellé l’avenir de cette nation et sa mise sur rail dans sa construction postindépendance. Quel héritage ont laissé ces deux évènements historiques nationaux et primordiaux pour les générations actuelles ? Comment les citoyens conçoivent aujourd’hui ces évènements, au-delà des sempiternelles célébrations officielles qui semblent inaudibles pour une majorité, notamment les plus jeunes ? L’esprit du 20-Août 1956, celui de la résistance et de la refondation de l’Etat est le repère le plus sûr dans ces temps incertains. La défense de la dignité du peuple et de la Nation puise ses sources dans les fondamentaux historiques. En ces temps troubles, il est primordial de remettre cet héritage remarquable au cœur du débat national. Loin des tenants systématiques de la «légitimité historique». Il faudrait enseigner l’histoire d’une manière qui cadre avec les moyens modernes et les méthodes de communication contemporaines. Il s’agit véritablement d’imprégner les jeunes générations du souffle qui a permis la réalisation de l’indépendance. L’Algérie, qui semble aujourd’hui avoir des difficultés à trouver la voie idéale vers le développement, malgré des potentiels naturels et humains formidables, gagnerait à regarder, le temps d’un double anniversaire, dans le rétroviseur. Et se réapproprier son héritage. Il est indéniable que c’est l’engagement et la mobilisation populaires qui constituent la défense première et ultime contre la conjonction des menaces.