C’est avec deux bonnes heures de retard que le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, s’est présenté à la salle du palais de la culture Malek-Haddad pour animer un meeting en hommage à l’historique journée du 20-Août-55.

Et contrairement à sa dernière visite à Constantine, où il était accompagné des gros pontes du FLN, cette fois, il n’y avait que deux figures connues, Abdelmalek Boudiaf, l’ex-ministre de la Santé et de la Population, et, chose inhabituelle et exceptionnelle, Tliba Bahaedine, qui ne s’est pas autorisé à monter sur l’estrade, d’où a été débouté discrètement Abdelmalek Boudiaf quelques instants auparavant, mais qui n’est pas passé inaperçu, quand même.

Sans sa verve habituelle, Ould Abbès a tracé un portrait de l’artisan de la journée du 20-Août-55, Si Ahmed, le valeureux chahid Zighoud Youcef.

En présence de Chamma, la fille de Zighoud Youcef, à laquelle une standing ovation a été consacrée, Ould Abbès nous dira avoir «rendez-vous avec l’histoire, l’histoire du FLN, l’histoire du 1er-Novembre, l’histoire du 20-Août-55, et l’histoire du 20-août-56», et qu’il était à Constantine pour combattre la culture de l’oubli. Le secrétaire général du FLN louera les bienfaits de Bouteflika sur le progrès en Algérie et «surtout la réconciliation de l’Algérie avec elle-même, chose réalisée par l’honneur, une recommandation du président de la République, que nous rendons aux marginalisés de l’histoire de l’indépendance».

Djamel Ould Abbès reviendra ensuite sur Zighoud Youcef pour « rappeler » à l’assistance que « l’Algérie sans le FLN n’est pas l’Algérie, et que le FLN sans l’Algérie n’est pas le FLN », remettant au goût du jour le rôle primordial et sans équivoque et la place du « front », aussi bien dans l’indépendance du pays que le développement « dans lequel nous vivons aujourd’hui ».

Pour la circonstance, le FLN a eu le nez creux de faire appel à l’historien Madjid Merdaci pour faire un portrait exhaustif du forgeron du condé de Smendou, Zighoud Youcef, et surtout les retombées de son action du 20-Août sur la suite de la révolution. Une présence, malheureusement pas assez appréciée, puisque les rares présents dans l’amphi du Palais de la culture ont fait preuve d’indiscipline flagrante en préférant papoter que d’écouter les propos de Madjid Merdaci, qui auraient pu grossir la squelettique besace en connaissance de la révolution des « militants » du FLN. Dommage pour eux. Et justement, à propos de militants, le retard de Ould Abbès serait dû, selon un député du FLN, « à la difficulté de remplir les travées de la salle ». Constat enregistré, effectivement, puisqu’il n’y avait, en étant très large, que 150 personnes pour l’hommage à Zighoud Youcef.

Nadir Amirèche, le P/APW de Constantine, se chargera de lire le communiqué final de la rencontre entre militants du front qui consiste en une demande « pressante » du FLN au président de la République à se porter candidat pour un cinquième mandat « pour une continuité de l’œuvre accomplie par le président de la République ».

Une demande qui serait encore réitérée aujourd’hui à Ifri Ouzellaguène, à l’occasion de la célébration de l’autre 20-Août, celui de 1956, celui du congrès de la Soummam.