Le ministre iranien du Pétrole participera à la réunion, prévue en septembre, à Alger, du comité Opep/non-Opep, qui surveille la conformité des membres aux accords de décembre 2016. C’est ce qu’a rapporté, hier, l’agence d’information officielle ISNA. La participation de Bijan Zanganeh à la réunion d’Alger a pour objectif de défendre la part de marché du pétrole iranien, alors que son pays est confronté à la perspective de retour, dès novembre, des sanctions américaines visant son secteur pétrolier.

La réunion d’Alger devrait d’ailleurs avoir lieu six semaines avant que les sanctions américaines sur l’industrie pétrolière iranienne ne prennent effet. Pour Téhéran, même sous le coup des sanctions, il n’est pas question d’adopter la politique de la chaise vide. Ce serait suicidaire, alors que son rival saoudien n’entend lésiner sur aucun moyen susceptible d’évincer l’Iran de l’échiquier pétrolier. La réunion s’annonce extrêmement tendue. Saoudiens et Russes n’excluant plus l’éventualité d’une nouvelle hausse de la production après celle qui a été décidée en septembre. Une option à laquelle l’Iran s’oppose mordicus. A l’issue de la dernière réunion de l’Opep et ses alliés non-Opep, qui a eu lieu à Vienne (Autriche) les 22 et 23 juin dernier, les producteurs ont convenu d’augmenter leur production d’environ 1 million de barils/jour sans qu’un plafond ne soit fixé. C’est une première remise en cause officielle des accords de réduction de la production conclus en décembre 2016 par les 14 membres de l’Opep et une dizaine de producteurs non-Opep, dont la Russie. Les accords portaient sur une réduction de 1,8 millions de barils/jour de l’offre pétrolière. Des quotas de production ont été fixés à chacun des pays engagés dans cette stratégie dite de stabilisation du marché. La révision, en juin dernier, de ces accords a ouvert la voie à une hausse de la production de plusieurs producteurs, ce qui a fait sortir l’Iran de ses gonds, y voyant une flagrante entorse à l’engagement conclu entre les membres de l’Opep et leurs partenaires non-Opep. La semaine dernière, le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, a envoyé une «lettre de protestation» à son homologue des Emirats arabes unis après avoir remarqué que certains membres de l’Opep essayaient d’ajuster leur production.

Bijan Zanganeh a déclaré au ministre de l’Energie des Emirats arabes unis, Suhail al-Mazrouei, qui occupe la présidence de l’Opep durant 2018, que le comité de surveillance de la conformité des producteurs aux accords ne devrait pas tolérer les augmentations de production de plusieurs membres. La lettre adressée par Bijan Zanganeh au président en exercice de l’Opep témoigne de la persistance des tensions après la dernière réunion de l’Opep avec ses alliés. L’Arabie saoudite avait déclaré que l’accord de juin dernier permettait aux pays capables de produire davantage de respecter le niveau de conformité global du groupe, ce qui signifie que certains membres, l’Arabie saoudite essentiellement, pourraient compenser les pertes que pourraient subir d’autres producteurs. L’Iran se sent trahi. Il assimile l’engagement de juin dernier à une tentative de récupérer la part de l’Iran en prévision du rétablissement des sanctions américaines contre son pétrole.

L’Iran a aussitôt exprimé son désaccord et critiqué les projets de l’Arabie saoudite visant à stimuler la production au-dessus des niveaux ciblés. Le comité de surveillance de la conformité des producteurs aux accords de décembre 2016, présidé par l’Arabie saoudite, doit se réunir le 23 septembre en Algérie. L’Iran ne fait pas partie de ce comité, qui comprend la Russie, les Émirats arabes unis, Oman, le Koweït, l’Algérie et le Venezuela. La participation annoncée de l’Iran aux réunions techniques de septembre présage éventuellement un accrochage entre Saoudiens et Iraniens sur fond de désaccords sur les prochaines politiques de l’Opep.