Les prix du pétrole baissaient hier en cours d’échanges européens, plombés par la hausse surprise des stocks américains, selon la Fédération professionnelle API.

Un marasme qui avait commencé la veille avec un dollar vigoureux, donc pénalisant les acheteurs utilisant d’autres devises. Vers 10h00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre valait 71,59 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 87 cents par rapport à la clôture de mardi tandis que dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour septembre perdait 95 cents à 66,09 dollars. «Les prix du brut ont reculé alors que l’humeur est devenue baissière après une hausse inattendue des réserves américaines», ont expliqué les analystes de Phillip Futures, citant l’API, qui a fait état d’une augmentation des stocks de 3,66 millions de barils. Mais les investisseurs s’intéresseront aussi aux chiffres officiels de l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA), pour la semaine close au 10 août, considérés comme plus fiables que ceux de la fédération professionnelle de l’American Petroleum Institute (API). Les analystes tablent sur une baisse de 2,5 millions de barils des réserves de brut, de 250 000 barils des réserves d’essence et d’une hausse d’un million de barils des réserves d’autres produits distillés (diesel et fioul de chauffage), selon la médiane d’un consensus compilé par Bloomberg.

Alors que depuis plusieurs semaines le marché hésite sur la direction à prendre, tiraillé entre un assombrissement des perspectives économiques mondiales et une future baisse de l’offre, provoquée par le retour des sanctions américaines sur l’Iran, la récente morosité des prix s’explique également par «un dollar plein d’entrain», selon PVM. «Le billet vert a accru sa progression et touché un plus haut depuis 13 mois face à un panier de monnaies constitué des principales devises», a-t-il expliqué. Ces derniers jours, avec la crise de la livre turque, de nombreuses monnaies émergentes, ainsi que l’euro, ont chuté face au dollar. L’or noir étant libellé en billet vert, un renchérissement de celui-ci accroît le coût du pétrole pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Le dollar est au plus haut depuis treize mois face à un panier de devises étrangères, en pleine crise financière turque.  D’ailleurs, à mesure que le dollar avançait au cours de la séance, les prix du pétrole se sont en effet repliés.

Le billet vert a été poussé au cours des dernières séances par un plongeon de la devise turque qui, malgré un répit mardi, fait craindre un effet domino aux devises des pays émergents. Les investisseurs utilisent alors la monnaie américaine comme valeur refuge. Parmi les facteurs qui abaissent les cours du brut se trouvent non seulement la hausse du dollar et l’affaissement des monnaies des marchés émergents, mais aussi les tensions commerciales qui pourraient peser sur la demande. Quant aux sanctions américaines, faute d’accord entre les États-Unis et l’Iran, elles devraient limiter à partir de novembre les exportations du troisième plus grand producteur de l’Opep.