En signant un accord de neuf ans pour fournir à l’Espagne neuf milliards de mètres cubes de gaz par an, et en paraphant un autre accord pour doter l’Italien Eni de trois milliards de mètres cube de gaz par an, Sonatrach a réussi un bon coup, sur un plan économique et aussi énergétique. Des contrats qui pourraient un tant soit peu donner du répit aux recettes algériennes sous pression tant les besoins du pays sont en perpétuelle augmentation. Ainsi le gaz, contrairement au pétrole en déclin, continue à ouvrir à l’Algérie des perspectives à l’international, notamment avec des partenaires du nord de la Méditerranée, consommateurs patentés d’une énergie de qualité qui vient du voisinage. Aujourd’hui, les réserves en gaz prouvées sont de 4 000 milliards de m3 mais la consommation interne est en augmentation constante mettant sous pression une production sous effet de chauffe. Avec la réduction des capacités d’extraction, cette tendance risque bien de perdre de son rythme et aussi ses dividendes. Reste que les capacités en gaz de schiste font de l’Algérie l’un des pays les plus nantis en la matière. L’Algérie, qui détient la troisième plus grande réserve de schiste au monde, vise à accroître ses recettes d’exportation d’énergie. L’objectif de l’entreprise nationale d’hydrocarbures est de produire

20 milliards de m3 de gaz de schiste d’ici à 2030, et atteindre 70 milliards à l’horizon 2040. Des perspectives ambitieuses pour un pays producteur appelé à trouver des sources nouvelles d’énergie dont le sous-sol est nanti. Les capacités nationales en matière d’hydrocarbures peuvent avoir une seconde vie avec les énergies bitumeuses. Sauf que le schiste continue de ne pas avoir bonne presse avec ses risques écologiques annoncés comme désastreux. Lorsque ces ressources deviendront moins coûteuses en extraction et moins destructrices de la nature, elles seront un filon pour l’Algérie du futur.