Il ne fait pas bon de vivre à Alger. Cette ville, élue championne de la propreté durant les années 1950 et désignée Mecque des révolutionnaires aux premières années de l’indépendance, a été classée à la 132e place sur 140 villes au classement annuel de «Economist Intelligence Unit».

En effet, elle reste parmi les dix villes les moins agréables à vivre au monde selon un classement spécialisé publié lundi dernier. Elle figure à la 132e place sur 140 villes au classement annuel de «Economist Intelligence Unit», la cellule de recherche du magazine anglais «The Economist» qui a publié son rapport Global Liveability Ranking 2018. Ainsi, Alger gagne deux places par rapport au précédent classement, mais elle reste loin des villes des pays voisins qui réalisent des scores largement meilleurs. Avec un résultat de 44,1 points, Alger se classe mieux que la capitale syrienne Damas (140e, 30,7) et Tripoli (134e, 42,9), deux capitales aux prises avec une guerre civile meurtrière depuis 7 ans. En queue de peloton, on trouve Damas, la capitale syrienne, suivie par Dacca (Bangladesh), Lagos (Nigeria), Karachi (Pakistan) et Port-Moresby (Papouasie-Nouvelle-Guinée). En haut du tableau, Vienne a supplanté Melbourne au sommet du classement des villes où la qualité de vie est la plus enviable. Melbourne, seconde ville australienne, avait conservé la première place cinq années d’affilée. Le top 10 de ce classement n’a par ailleurs pas été reluisant pour les villes européennes. Copenhague est la seule autre ville dans le top 10 (9e) alors que l’Australie compte, en plus de Melbourne, Sydney (5e) et Adelaïde (10e) et le Canada en compte trois : Calgary, Vancouver et Toronto (4e, 6e et 7e respectivement). Le classement est établi au moyen de 30 critères répartis 

en 5 catégories : la stabilité (criminalité + risque terroriste), l’offre de soins, la culture et l’environnement et, pour finir, l’éducation et les infrastructures. Cela permet de déterminer les endroits du globe où l’on trouve « les meilleurs et les pires conditions de vie ». Une fois réceptionnés, les projets d’aménagement de l’Oued El Harrach et de Sablette, Alger améliorera, sans doute, son classement. La pollution de l’Oued El Harrach qui traverse la capitale constitue un point noir qui se répercute sur la réputation de la capitale dans les classements de bien-être, d’attractivité touristique, du respect de l’environnement et autres. Souvent les responsables algériens remettent en cause la fiabilité des classements qui donnent une mauvaise note pour l’Algérie. Ils invoquent à chaque fois le manque de transparence dans les sélections et l’absence d’objectivité dans l’établissement des rapports.

A titre illustratif, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar, rejette tous les classements des universités qui attribuent régulièrement de mauvaises notes pour les établissements universitaires algériens. Il estime que les concepteurs de ces classements ne fournissent pas assez d’efforts pour obtenir toutes les informations relatives à la recherche scientifique et à la qualité d’enseignement dans les universités algériennes.

 

Abdelhamid Boudaoued, président du Collège national des experts architectes : « Les nouvelles cités manquent d’équipements »

Par AZIZ LATRECHE

Dans le classement annuel des villes où il fait bon vivre établi par «The Economist Intelligence Unit», la capitale algérienne a été classée à la 132e place sur 140 références. Cette classification illustre au moins les lacunes qui distinguent la situation architecturale et urbanistique d’Alger. Interpellé, Abdelhamid Boudaoued, président du Collège national des experts architectes, ne s’étonne pas de ce mauvais classement et l’appuie même en considérant Alger comme une ville « où saleté, bâtisses illicites ou construites en dehors des normes » ne plaident pas pour y vivre bien. « Il n’y a pas que cela, il suffit de voir aussi la situation du transport à Alger, les bus privés sont vétustes et sales d’autant plus que l’accueil des usagers est médiocre », ajoute-t-il. Pour ce qui est de la construction de l’habitat, il estime que « les cahiers des charges ne sont pas respectés à l’instar de ce qui se passe avec le nombre d’étages réalisés qui dépasse parfois ce qui est prescrit dans le contrat ». « Il faut noter aussi qu’à la présentation d’un projet, c’est toujours l’administrateur qui est là et non l’architecte. Cet exemple montre à quel point les architectes sont marginalisés dans notre pays », ajoutera-t-il. Il soulève aussi cette question très épineuse du manque des équipements lors et après la réalisation des nouvelles cités : « C’est la prévalence de la politique du nombre. Souvent, les responsables parlent d’un manque de foncier alors que nous sommes dans un pays très vaste. En France, la superficie est beaucoup moins importante mais le nombre de logements atteint les 35 millions », poursuit-il.