Le groupe Sonatrach se dote d’une nouvelle direction. Huit nouveaux vice-présidents ont été nommés, hier, à en croire des sources de l’entreprise, citées par l’agence Reuters. La composition du nouveau staff dirigeant nommé par Abdelmoumen Ould Kaddour n’a pas été officiellement rendue publique, mais elle réunirait des dirigeants d’une expérience avérée et des jeunes cadres ; une tentative du P-DG de rajeunir les effectifs dirigeants du groupe public des hydrocarbures.

Des sources ont indiqué à Reuters que la nouvelle direction inclut des gestionnaires expérimentés tels que Salah Mekmouche pour l’exploration, Arbi Bey Slimane pour le transport par canalisations, Farid Ghazali pour la stratégie et Ahmed Mazighi pour les affaires commerciales. Les nouvelles nominations doivent faire l’objet d’une validation par décret présidentiel, même si les nouveaux vice-présidents sont d’ores et déjà opérationnels. La validation des nominations par voie officielle n’est donc qu’une formalité administrative. Les nouvelles nominations auxquelles a procédé le P-DG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour visent plusieurs objectifs, dont le rajeunissement des effectifs dirigeants afin de pouvoir endiguer la fuite des jeunes compétences. En effet, Sonatrach a perdu ces dernières années des milliers de compétences qui se sont orientées vers d’autres majors à la recherche d’incitatifs salariaux. Avec son nouveau staff dirigeant, Sonatrach va devoir ainsi évoluer à même de réaliser son objectif de s’insérer parmi les cinq plus grandes compagnies pétrolières publique dans le monde. En 2017, le groupe Sonatrach est arrivé au 18e rang mondial dans une liste confectionnée par l’administration américaine d’information sur l’énergie. L’autre objectif auquel obéit le changement récent à la tête de Sonatrach est celui de permettre au groupe de rebondir face à la crise que connaît le marché pétrolier et qui s’est traduit par une baisse de moitié des recettes en devises. Il sera ainsi question de faire redéployer Sonatrach de sorte à ce que de nouvelles lignes de métiers soient développées à l’avenir.

Il s’agit aussi d’avancer sur le projet d’internationalisation du groupe Sonatrach à travers la création de nouvelles sociétés mixtes, voire des joint-ventures en association avec des poids lourds mondiaux. Sonatrach entend aussi avancer sur le projet d’exploitation de son gisement de gaz de schiste. La compagnie publique était en négociations avec ExxonMobil et plusieurs autres majors. Mais pour ce faire, Sonatrach entend former des compétences spécialisées dans le schiste ; il est question de compenser une perte sèche de 10 000 ingénieurs, techniciens et spécialistes en réservoirs ayant quitté l’entreprise depuis 2010. L’exode s’est encore accéléré cette année, à en croire des sources de Sonatrach. Pour tenter de venir à bout de cette hémorragie, Sonatrach entend créer sa propre académie pour la formation de ses ingénieurs et techniciens. Le groupe envisage également d’introduire des récompenses spéciales pour retenir ses compétences en travaillant sur une structure de salaires. Ce projet accompagnera la stratégie d’internationalisation du groupe, alors qu’il est déjà présent au Niger, en Irak et en Libye à travers des contrats d’exploration et de développement.

La stratégie future consiste à étendre les activités de Sonatrach à l’étranger au-delà de sa présence dans l’amont pétrolier et gazier. L’idée de base serait d’investir dans le raffinage, le négoce international et la commercialisation des produits pétroliers et du gaz. Pour concrétiser cette vision, Sonatrach était en négociation avec 14 firmes internationales. Une joint-venture spécialisée dans le négoce international et la commercialisation des produits pétroliers devrait voir le jour avant la fin du mois en cours, selon des indiscrétions. Il n’est pas exclu que des partenaires soient impliqués dans les années à venir dans l’exportation et la commercialisation du gaz produit en Algérie, ce qui était jusqu’ici un domaine réservé exclusivement à Sonatrach.