L’Iran a annoncé son intention de baisser le prix de ses hydrocarbures à destination de ses clients asiatiques.

Bien que Téhéran considère cette initiative comme répandue dans l’industrie pétrolière, elle sonne comme un début de réponse à l’attitude agressive des Etats-Unis qui ont rétabli les sanctions contre l’Iran après avoir fait capoter l’accord sur le nucléaire fruit de plus de dix ans de négociations. Ainsi, l’Iran annonce vouloir se défendre face à l’hostilité des Etats-Unis qui semblent vouloir « punir » Téhéran pour ses positions en Syrie, au Liban et au Yémen notamment. Le guide suprême Ali Khamenei a affirmé que les problèmes économiques que traverse son pays étaient dus à une mauvaise gestion interne, pas seulement aux pressions américaines. « Je ne dis pas que les sanctions n’ont pas d’impact, mais il s’agit principalement de la manière dont nous y faisons face », a-t-il affirmé faisant référence aux difficultés de la monnaie, qui a perdu près de la moitié de sa valeur depuis avril. « Si notre performance est meilleure, plus prudente, précise et efficace, les sanctions n’auront pas autant d’effet et on pourra y résister», a ajouté l’ayatollah Khamenei.

Washington, n’est plus digne de confiance

L’Iran a rejeté une proposition de dialogue du président américain Donald Trump, soulignant que Washington n’était plus digne de confiance, après avoir violé ses engagements. Khamenei a affirmé qu’il n’y aurait ni guerre ni négociations avec les Etats-Unis dont les responsables « parlent de nous avec cynisme depuis quelque temps ». Dans son dernier rapport en mai, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait pourtant attesté que l’Iran continuait de respecter ses engagements. Les Iraniens qui font face à une pression occidentale et israélienne permanente présentent souvent leurs capacités de défense, comme autant de messages à leurs détracteurs.  Le ministre iranien de la Défense a dévoilé hier un missile balistique de nouvelle génération, il s’agit du missile Fateh Mobin de courte portée. Ce nouveau missile est capable d’atteindre des cibles au sol et en mer. Dans la conjoncture actuelle, l’Iran semble vouloir exposer ses capacités militaires dans le détroit d’Ormuz, qui contrôle le Golfe et par où passe environ 30% du pétrole mondial transitant par voie maritime. Le président iranien Hassan Rohani avait averti le mois dernier que l’Iran pourrait fermer ce détroit stratégique. « Nous sommes le garant de la sécurité de ce détroit depuis toujours, ne jouez pas avec la queue du lion, vous le regretterez », avait-il prévenu. « Rien ne peut arrêter ce missile en raison de son niveau élevé de souplesse », a affirmé le ministre iranien de la Défense. «Soyez sûrs que les pressions et la guerre psychologique ne feront que renforcer notre volonté à améliorer nos capacités défensives dans tous les domaines », a-t-il poursuivi. Téhéran estime que cet arsenal est crucial pour ses capacités défensives dans une région devenue instable à cause d’une politique américaine agressive et imprévisible personnifiée par le président Donald Trump.