Mais qu’est-ce qui pousse un jeune ayant un commerce, ou même un étudiant, à fuir le pays et tenter une aventure risquée au péril de sa vie ? Pourtant, la vie de ce côté de la Méditerranée n’est pas aussi «invivable» comme le répètent à l’envi les jeunes tentés par la harga et le vivre ailleurs.

L’Allemagne vient de le décréter, les ressortissants des pays du Maghreb, Algérie, Maroc et Tunisie, ne sont pas éligibles à l’asile sur son sol. Ces contrées pourvoyeuses de migrants sont considérées nommément comme étant des pays sûrs. Et donc les requérants issus de ces pays ne sont pas considérés désormais comme étant en danger de vie ou en précarité économique. Cette décision des Allemands reste porteuse de lourdes interrogations. C’est le paradoxe algérien, un pays qui était prédestiné à un miracle économique, fait de prospérité et de développement, voit aujourd’hui une partie de sa jeunesse tenter coûte que coûte de risquer sa vie ailleurs. A la recherche d’un minimum de qualité de vie qu’elle n’arrive nullement à trouver dans son pays de naissance. Il est patent que cette tentation a tendance à devenir quasiment systématique. La mal-vie, les difficultés du quotidien et les perspectives plutôt sombres sont autant d’éléments qui encouragent inexorablement cette prédisposition. Il reste affligeant pour un pays comme l’Algérie, qui possède des potentialités que n’ont pas beaucoup de pays de cette Europe qui fait tant rêver, d’offrir l’image d’une nation qui n’arrive pas à retenir ses propres enfants. C’est l’un des échecs de l’Algérie indépendante, et le « chef-d’œuvre » d’un système qui pousse de façon involontaire des jeunes et même d’autres catégories d’âge vers l’ailleurs. Cette fureur de vivre, naturelle dans cette phase importante de la vie humaine appelée jeunesse, est une formidable énergie dilapidée à cause de l’incapacité à procurer une vie décente. Et à proposer du rêve dans une contrée qui a tant à offrir.