Au lendemain de la mort du jeune estivant, feu Aïssa Zoubir, originaire d’Oued Souf, tabassé à mort par des parkingueurs postés au niveau de la plage Lota, à Souk El Tenine, la population de la wilaya de Béjaïa est plongée dans un climat de douleur et de stupéfaction.

La victime, âgée de 36 ans, venue passer des vacances dans cette paisible station balnéaire de Souk El Tenine, a finalement succombé à ses blessures, mardi 7 août, après avoir été tabassé par des parkingueurs munis de barres de fer, pour avoir refusé de les payer.

Les services de la Gendarmerie nationale de Béjaïa ont annoncé, hier, que leurs éléments ont réussi déjà à arrêter trois individus impliqués dans l’assassinat de cet estivant, tout en affirmant que l’enquête déclenchée juste après l’annonce de ce drame, se poursuit toujours, en vue de traquer les autres membres de ce gang qui sème la terreur sur la plage de Lota.

Hier, un climat de deuil et de consternation a plané sur la ville des Hammadites et ses plages.

Les citoyens rencontrés dans les rues béjaouies ont été unanimes à condamner cet acte « barbare » et à exprimer leur indignation face à la «passivité » des pouvoirs publics qui assistent « impuissants » devant la prolifération de ce phénomène de parkingueurs.

« Personnellement, je suis très affecté par le décès de ce jeune estivant de 36 ans, qui a fait des centaines de kilomètres pour venir ici à Béjaïa, passer des vacances avec sa petite famille. Son seul tort est de n’avoir pas abdiqué devant le diktat de ces gangsters qui bénéficient du laxisme et l’incurie des autorités locales. La société civile doit bouger pour mettre un terme à ce phénomène qui menace sérieusement non seulement les estivants, mais aussi nos concitoyens», nous dira d’une voix nouée, un militant associatif de la ville de Béjaïa.

Il faut souligner que des citoyens de Béjaïa, notamment des habitants du quartier de Smina jouxtant l’hôpital Khellil Amrane, se sont montrés solidaires avec les membres de la famille de la victime, auxquelles ils ont apporté aide (nourriture, vêtements, literie…) et soutien moral durant leur séjour qui aura duré une semaine, dans l’enceinte du CHU de la capitale des Hammadites.

En effet, depuis le 1er août dernier, date de l’agression du jeune estivant, les membres de sa famille se sont refugiés dans la cour de l’hôpital, jusqu’au jour où le défunt Aïssa Zoubir a rendu l’âme. Ce dernier a, faut-il le signaler, a subi une intervention chirurgicale délicate, mais apparemment sans succès.

A noter que la solidarité des habitants de Béjaïa ne s’arrête pas là, puisqu’un collectif citoyen vient de lancer, à travers les réseaux sociaux, un appel pour la tenue aujourd’hui, jeudi 9 août, à partir de 10h00, d’un rassemblement de protestation devant le siège de la wilaya.

A travers cet appel, les initiateurs de l’action comptent dénoncer le « laxisme » et la « passivité » des autorités de wilaya, à leur tête le wali intérimaire de Béjaïa, face à la gravité de la situation qu’a engendrée la mort de ce jeune estivant d’Oued Souf, victime de la « violence barbare » des parkingueurs.

Les membres de ce collectif citoyen de Béjaïa appellent l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à venir massivement prendre part à ce rassemblement visant à interpeller, une fois de plus, les autorités de l’Etat sur le danger que constitue ce phénomène de parkingueurs.

Réagissant à ce drame, un autre collectif citoyen a lancé, quant à lui, une initiative, placée sous le mot d’ordre de « Parking gratuit », visant à nettoyer le littoral de la mafia qui exploite indûment les plages.

« Pour mettre fin à cette grave dérive, nous avons pris la résolution de lutter contre ces pratiques mafieuses et de libérer le littoral de l’emprise des voyous. Ainsi, nous avons initié une action ayant pour objectif d’interpeller les autorités à tous les niveaux qui sont complices par leur passivité et à les sensibiliser pour qu’un changement soit apporté à la gestion de nos plages qui sont normalement gratuites, selon l’instruction de Bedoui », lit-on dans leur déclaration-appel.