Les chiffres donnés par le Centre national des transmissions et du système d’information des Douanes laissent perplexes.

Au rythme où vont les choses, la valeur des importations des kits CKD, destinés à l’industrie de montage automobile, égalerait bientôt la facture des importations de véhicules. Et probablement la dépasserait dans une perspective pas très lointaine. Une tendance qui va à l’encontre des perspectives et autres annonces savamment prédites par le gouvernement durant l’année écoulée. Faudrait-il rappeler que c’est cette même facture qui avait motivé la mise en place impérative de l’industrie de montage ? L’objectif initial était justement d’endiguer l’envolée de la facture des importations et freiner l’érosion des réserves de devises qui menaçait les finances du pays. Aujourd’hui, on se retrouve face à une situation ubuesque, où la facture, contre laquelle une batterie de mesures a été mise en place urgemment, flirte toujours avec le rouge. Et menacerait même des seuils qui ont été à l’origine du passage à des formules, censées être davantage protectionnistes. Pourquoi avoir changé complètement de dispositif en ce qui concerne ce domaine du marché automobile et mis des garde-fous censés mettre le holà au rythme du « train fou » pour se retrouver à la case départ ? L’objectif à terme était surtout de se doter d’une véritable industrie automobile pour le marché domestique qui, à long terme, s’ouvrirait aux marchés extérieurs. Il est indéniable que cette situation est symptomatique d’un manque d’études prospectives véritables et crédibles en matière économique et financière. Une méconnaissance d’un marché local en perpétuelle évolution. Reste que cette tendance pourrait être porteuse de lendemains inquiétants. Si dans le très médiatisé secteur de l’automobile, l’on se retrouve avec cette situation déprimante, il n’est guère étonnant que d’autres domaines ne soient touchés.