Makri net

A huit mois de l’élection présidentielle, l’opposition semble plus que jamais divisée, voire dans un désarroi politique qui ne dit pas son nom. En ce moment crucial pour entreprendre une quelconque stratégie pour tenter de peser dans les manœuvres à venir qui ne tarderont pas à se mettre en place, les partis poli-tiques qui se considèrent comme faisant partie de l’opposition semblent frappés de léthargie abandonnant visiblement l’initiative aux partis de l’Alliance, qui semblent déjà avoir enclenché la vitesse supérieure.

L’initiative du MSP, qui au-ra été une entreprise «mort-née», semble comme avoir eu un effet de démobilisation au sein des partis dits de l’opposition et insufflé une sorte de léthargie. Une torpeur mal venue à une encablure du grand rendez-vous d’avril prochain, alors que le temps presse pour éviter de se retrouver complètement hors-jeu, si ce n’est déjà fait. La dernière dérouillée (sans surprendre) qu’a eu à subir Mokri est celle de TAJ, un parti connu pour sa proximité avec le pouvoir. «Pour nous, tout est clair. La question est tranchée depuis longtemps déjà. Notre candidat est Bouteflika. Nous souhaitons ardemment qu’il poursuive son œuvre pour un autre mandat», a déclaré le président de TAJ en présence de Mokri à l’issue de leur tête-à-tête. Ghoul a même jugé «inopportun» le timing du projet du Mouvement de la société pour la paix, bien qu’il contienne des propositions «positives» et «intéressantes» qui mériteraient, selon lui, d’être prises en considération. Dans ses pérégrinations il ne reste presque pour le chef du MSP que Abdallah Djaballah pour dire du bien de son initiative et accepter de construire dessus des initiatives communes. Le président du Front de la justice et du développement a annoncé la tenue lundi d’une rencontre avec le président du MSP, «afin d’examiner l’initiative portée par sa formation politique relative à la transition démocratique». Pour Djaballah, il ne fait aucun doute son parti «valorise-ra et soutiendra toutes propositions utiles et bénéfiques». De son côté, le membre dirigeant au sein du FJD et député Lakhdar Ben Khallaf, a indiqué qu’il existe «un consensus entre les deux partis» sur cette initiative, notamment dans ses volets politique et économique.

Djaballah, qui s’est installé dans une posture plutôt radicale de critique du pouvoir, avait appelé à la réforme du système électoral pour garantir les conditions légales qui assurent la liberté et l’intégrité des élections. Il a appelé, également, à une réforme administrative et juridique garantissant l’impartialité et l’efficacité de l’administration au service du citoyen, outre l’amélioration des performances de la justice et la réforme du système éducatif «en se basant sur les fondements de la nation».

Le leader du FJD a récemment durement critiqué les adeptes du 5e mandat rappelant le rôle qu’il juge central de l’armée dans la décision politique du pays. Profitant de cette rencontre en «terrain ami», Makri a évoqué la conjoncture actuelle soulignant qu’il s’agit d’une étape de «consensus national et d’union» entre toutes les franges de la société algérienne. Le problème aujourd’hui ne se pose plus au niveau des «partis de l’opposition ni des personnalités nationales en dehors du cercle du pouvoir, car ces-derniers ont exprimé leur disposition à travailler ensemble», a affirmé le chef du MSP, estimant que le rôle de son parti est de «communiquer avec la société et de la sensibiliser».