Fêtes patrimoniales célébrant l’artisanat et les savoir-faire locaux ou pratiques festives et ritualistes dédiées aux saints patrons locaux, l’été dans de nombreuses localités de Kabylie est propice aux réjouissances. Après Aït Khir (fête de la poterie) et Aït Yenni (fête du bijou) et bientôt Aït Hichem, qui accueillera le 9 août prochain, la fête du tapis, d’autres villages s’activent à célébrer leurs saints patrons. Les villages Zoubga, Aït Atsou et Aït Adella, dans la commune d’Illeltène, donnent rendez-vous pour des cérémonies festives dédiées à Azrou N’Thour. Durant trois vendredis consécutifs, à compter du vendredi 4 août, ce lieudit célèbre par son pic rocheux culminant à plus de 1 900 m d’altitude sera la destination de milliers de visiteurs qui viennent comme chaque année participer aux ostentations festives et ritualistes à la gloire d’Azrou N’Thour, un saint patron aux origines peu ou pas du tout documentées. Sa biographie est tissée de récits hagiographiques et légendaires. Des origines mystérieuses qui n’altèrent en rien le culte et la vénération que beaucoup lui témoignent depuis plus d’un siècle. Beaucoup de visiteurs viennent faire des offrandes et attendre une bénédiction en retour.

Pour d’autres, aller à Azrou, est synonyme de villégiature même si tous se mêlent a la foule et participent à l’ascension du pic pour rejoindre le mausolée qui culmine en son sommet, à près de 2 000 m. Vendredi dernier, le village Tirourda, dans la commune d’Iferhounène, a organisé un évènement similaire. Un rendez-vous pour la célébration de la grande fête rituelle Amrav Saïd est connu pour son ascension rituelle qui se fait chaque dernier vendredi du mois de juillet. Le programme de cette fête a été lancé, mardi dernier, et a pris fin vendredi. La fête du mausolée Amrav Saïd a débuté le matin dès 9 heures pour être clôturée tard le soir par une soirée artistique. Toutes ces réjouissances et célébrations populaires ont un point commun, elles témoignent de l’attachement des gens d’ici à leur terroir et du culte qu’ils vouent à la tolérance et au vivre ensemble. Pour le Dr Arezki Chenane de la faculte d’economie, université de Tizi Ouzou, il faut « inscrire les fêtes locales dans une approche de développement territorial.

Il est nécessaire  d’évaluer  ces fêtes locales et passer du festif à l’économique, en développant les spécificités territoriales et surtout le tourisme solidaire.

L’organisation de ces manifestations doit être confiée à des professionnels, fixer un calendrier prévisionnel et éventuellement les concentrer sur une dizaine de jours.»