Surplombant la localité de Theniet Ennasr, avec une vue imprenable de 360 degrés, le site forestier El Gharfa a été proposé, au début des années 1980, comme le meilleur endroit pour l’implantation d’une clinique de pneumologie. Et pendant la guerre de Libération, l’armée coloniale y a fait ériger une caserne. Aujourd’hui, avec l’indifférence de l’homme et l’usure du temps, cet espace n’offre au visiteur qu’un paysage de désolation de pins séculaires presque morts faute d’entretien et d’irrigation, deux guérites qui rappellent une époque sombre de l’histoire du pays et des déchets de toutes sortes qui jonchent les lieux et plombent la vue. A qui profite ce laisser-aller ? Alors que l’endroit aurait pu être depuis longtemps à mille lieues du sacro saint argument de « takachouf ». Une destination attractive, susceptible de générer bon nombre de postes d’emploi pour les jeunes, majoritairement, rongés par le chômage et l’oisiveté au moment où l’on ne cesse d’acculer les collectivités locales à déplacer des montagnes pour dénicher d’éventuelles ressources qui leur permettent d’assurer leur fonctionnement. « Je suis complètement en phase avec votre raisonnement, mais sachez que lors du tremblement de terre de 1973, les responsables d’alors ont dû parquer à la hâte les sinistrés ici pendant 25 ans, et en 1998 on les a relogés dans des HLM. Hormis la maison cantonnière, tout l’espace est laissé à l’abandon, faute de subventions. Nous avons le stade qui nécessite des travaux, la piste qui devait être aussi bitumée, mais à défaut d’argent, les projets sont restés suspendus. Toutefois, et malgré la restriction budgétaire, les pouvoirs publics ont enfin mis la main à la poche pour débloquer 4,5 milliards de centimes, destinés à la réhabilitation des lieux en créant un espace de jeux pour enfants sur une superficie de 2 800 m2, l’aménagement du stade sur 1 200 m2 et un parking de 900 m2», nous dit Lakhdar Benmenni, P/APC de Theniet Ennasr.