L’Amicale du handball oranais active, depuis huit ans, sur la scène de la petite balle dans l’Ouest du pays avec comme objectif de relancer cette discipline chez la gent féminine. Ce club que préside l’ancien pivot international, Mustapha Doubala, peine cependant à s’en sortir.

Et pour cause : la formation fait face à une multitude de problèmes financiers et infrastructurels, «les mêmes que rencontrent les autres clubs dans les sports collectifs en particulier dans la capitale de l’Ouest», déplore Doubala en s’exprimant à l’APS, soulignant que l’Amicale du handball oranais est parmi les rares, sinon la seule formation dans la région, à être exclusivement réservée aux filles. «Au moment où l’on assiste impuissants au déclin du handball national chez les garçons, les choses se sont empirées chez les filles, d’où notre initiative de créer un club qui leur est réservé exclusivement dans l’optique de relancer le handball féminin à Oran et pourquoi pas contribuer à sa résurrection au niveau national», explique l’ancienne star de la légendaire sélection algérienne des années 1980. «C’est un défi spécial. On le savait dès le départ, car déjà le handball chez les garçons souffre le martyre, alors on ne s’attendait nullement à ce que la situation soit meilleure chez les filles, mais on essaye, tant bien que mal, de jouer notre rôle selon les moyens disponibles», a-t-il poursuivi. Malgré cela, l’Amicale du handball oranais parvient, de temps à autre, à s’illustrer non seulement sur le plan régional, mais aussi national. L’exemple de l’équipe des moins de 20 ans est significatif.
Celle-ci a réussi pour la première fois dans l’histoire du club à se qualifier en finale de la Coupe d’Algérie de sa catégorie au titre de l’exercice passé. Néanmoins, les jeunes Oranaises gardent un mauvais souvenir de cette finale, au cours de laquelle elles ont été tout simplement étrillées par la formation de Hammamet (Alger) sur le score de 27-19. «Comme nous n’avons pas les moyens de nous déplacer à Alger au moins la veille du match, nous nous y sommes rendus le matin de la partie, de surcroît en plein mois de Ramadhan, vous pouvez deviner dans quel état les joueuses ont abordé la partie, elles qui n’ont même pas rompu le jeûne dans des conditions normales», regrette encore Doubala. Cependant, pour cette ancienne gloire du MC Oran, «le résultat importe peu pour l’Amicale, dont l’objectif suprême demeure la formation», un mot d’ordre que ce club trouve toutefois du mal à suivre, vu l’absence aussi de l’outil de travail.

900 000 DA pour plusieurs catégories

L’Amicale, selon son président, se trouve à chaque fois contrainte «de se démener pour trouver un espace où s’entraîner, car ne disposant que de deux créneaux par semaine dans la salle».
Abordant le volet financier, ce dirigeant fait savoir que le club fonctionne avec un budget de 900 000 DA, octroyé par la direction de la Jeunesse et des Sports (600 000 DA) et l’APW (300 000 DA), un montant qu’il a jugé «dérisoire», sachant que les frais d’engagement, à eux seuls, reviennent à 250 000 DA, a-t-il précisé. «Des fois, je songe même à tout laisser tomber, mais mon amour pour le handball me pousse à me rétracter pour poursuivre ma mission, même si, au fil du temps, je me rends compte qu’il devient de plus en plus difficile de redorer le blason du handball national en général dans les conditions actuelles», s’est-il lamenté. Pis, pour ce responsable, le niveau du jeu à sept féminin en particulier régresse davantage, signalant, au passage, que certains clubs, comme ceux de l’Est du pays, comptent dans leurs effectifs seulement 7 à 8 joueuses, comme pour dire que la pratique de cette discipline est en net recul chez la gent féminine. Tout cela n’empêche cependant pas l’Amicale oranaise de résister, en tablant sur la volonté de ses dirigeants, entraîneurs et joueuses. C’est dans cette optique-là d’ailleurs que le club s’apprête à organiser, pour la troisième année de rang, un tournoi international à Oran, devenu désormais une tradition, et ce, dans le cadre des festivités célébrant le déclenchement de la Guerre de libération nationale le 1er novembre 1954.
(APS)