Le marché mondial du pétrole semble évoluer en fonction des déclarations du président américain Donald Trump à propos de l’Iran. C’est du moins l’avis des analystes de Commerzbank. Pour ces derniers, «si les cours ont enregistré une baisse, c’est probablement à cause de la surprise provoquée par Donald Trump annonçant une éventuelle rencontre avec son homologue iranien Hassan Rohani».

Une annonce qui s’est répercutée sur les cours du pétrole hier mardi. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre, dont c’est le dernier jour de cotation, valait 74,77 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 20 cents par rapport à la clôture de lundi. Même tendance observée dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) : le baril de « light sweet crude » (WTI) pour la même échéance cédait 31 cents à 69,82 dollars. Rappelons que la veille, le marché mondial du pétrole a frôlé une déstabilisation après que les Etats-Unis aient annoncé des sanctions contre l’Iran, qui consistaient notamment à empêcher le troisième producteur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de vendre ses barils à l’étranger. Toujours à propos de ce scénario, des analystes avaient estimé que «l’offre iranienne pourrait baisser de 800 000 barils par jour» et, du coup, ils ont estimé que chaque million de barils disparaîssant du marché peut faire grimper le prix de 17 dollars. Pour revenir à la question des cours du pétrole, pour les analystes, les investisseurs attendront les données de la fédération professionnelle, l’American Petroleum Institute (API), sur les réserves des Etats-Unis. Un rapport qui a été rendu public hier en fin de journée. Et lequel sera suivi aujourd’hui par celui de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), dont les chiffres officiels sont jugés plus fiables par les marchés. A propos d’éventuels pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran, un conseiller du président Rohani a déclaré, hier, que les Américains devaient commencer par une réduction des hostilités et un retour à l’accord sur le nucléaire. Rappelons, enfin, que certains analystes s’étonnaient, il y a quelques jours, de voir le manque de réaction du marché du pétrole à l’annonce, jeudi dernier, d’une suspension des exportations saoudiennes par le détroit stratégique de Bab el Mandeb, décidée par Ryad après une attaque des rebelles yéménites. «Si les perturbations continuent, l’offre dans la Méditerranée et outre-Atlantique va s’en ressentir, et le prix du Brent devrait grimper», ont estimé les analystes de Commerzbank.