Le violent accrochage à Besi, dans la daïra de Azzaba, située dans la wilaya de Skikda, vient comme pour rappeler que la situation sécuritaire n’est pas pour autant complètement stabilisée même si l’on est loin de la décennie noire de sinistre mémoire.

Une trentaine de terroristes ont été mis hors d’état de nuire pour le seul mois de juillet. C’est dire que la situation est loin d’être aseptisée et que des poches de terrorisme subsistent toujours dans certaines zones. Cette opération, dont le bilan n’est pas encore définitif, vient comme « perturber » une scène politique qui est entrée récemment dans une effervescence remarquée à propos de l’avenir immédiat et des échéances qui arrivent à grand pas.
Ce pic sécuritaire vient surtout donner raison au chef d’état-major Gaïd Salah qui avait, lors de son discours, insisté sur la nécessité de rester vigilant et de ne pas tenter d’entraîner l’armée dans des sentiers aventureux. Ce discours de fermeté avait été, d’ailleurs, interprété comme une réponse de l’institution militaire à l’initiative de Abderazak Makri, de vouloir faire intervenir l’armée dans un processus politique transitoire pour la prochaine phase politique du pays. L’initiative du patron du MSP s’est vu d’ailleurs signifier une fin de non-recevoir franche de la part de pratiquement tous les acteurs politiques de premier plan. « L’Armée nationale populaire est une Armée qui connaît ses limites, voire le cadre de ses missions constitutionnelles, et qui ne peut en aucun cas être mêlée aux enchevêtrements des parties et des politiques, ou être immiscée dans des conflits qui ne la concernent ni de près ni de loin », avait souligné Gaïd Salah comme pour signifier que la grande muette entend bien rester loin de l’arène politique, ne souhaitant même pas jouer l’arbitre dans un quelconque processus, fut-il de consensus. « Que tout le monde sache qu’il n’est autre tuteur pour l’Armée nationale populaire, digne héritière de l’Armée de libération nationale, que les orientations de Son Excellence, le Moudjahid, Monsieur le Président de la République, Chef Suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale. Une Armée qui veille, en permanence, et je le redis encore, elle veille avec discernement sans jamais fermer l’œil. Elle travaille avec persévérance conformément aux lois de la République et aux dispositions de la Constitution algérienne » avait souligné le chef d’état-major. L’alerte d’Azzaba vient donc remettre le curseur à l’endroit pour les services de sécurité appelés à davantage de vigilance. La classe politique enchevêtrée dans des débats stériles devrait revenir aux thématiques davantage unificatrices liées notamment à la sécurité des citoyens. A quelques mois d’un des rendez-vous les plus importants de la vie politique nationale, cette « intrusion » de la question sécuritaire vient rappeler que le danger n’est jamais loin, notamment depuis que l’instabilité est devenue menaçante sur le plan régional.
Cette opération de l’ANP dans une zone, restée toujours difficile d’accès depuis la période du terrorisme, rappelle que la situation sécuritaire est toujours délicate, et que le fameux dernier quart d’heure tarde à se terminer. Irrémédiablement, la « stabilité » sur le plan sécuritaire reste toujours tributaire de la vigilance des citoyens et un engagement de tous les instants de la part de l’Armée et des services de sécurité.