Les autorités marocaines récidivent dans leurs pratiques relatives au refoulement des migrants subsahariens vers les frontières algériennes. Selon la section de Nador de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), 10 migrants subsahariens sont en passe d’être refoulés vers la frontière algérienne.

« Depuis hier aucune Information sur les 10 migrants refoulés de Nador vers Touissit parmi un groupe de 30 migrants. Ces 10 migrants ont été gardés à l’intérieur d’une caserne, dont AMDH Nador a perdu le contact. Leurs téléphones ne marchent plus. Peut-être qu’ils sont déchargés ou ont été saisis par les autorités marocaines», s’inquiète l’association dans un message posté sur sa page Facebook.
Pour l’AMDH, des questions demeurent posées. «Sur quels critères les autorités ont séparé le groupe de migrants en deux. Pourquoi gardent-elles 10 migrants et en relâchent 20.
Où sont actuellement les 10 migrants ?», s’interroge l’association, avant d’espérer une réaction officielle des autorités marocaines sur la question. «Espérons que les autorités marocaines s’expriment sur cette question», déclare l’association.
Pour rappel, au départ, les services marocains de sécurité voulaient expulser 30 migrants avant de libérer 20 d’entre eux dans la ville d’Ouadja, proche de la frontière algérienne. «Le premier groupe de migrants, refoulé de Nador hier et qui était à Touissit, a été relâché à Oujda. Le policier nous a dit que vous avez de la chance car le deuxième groupe sera éloigné à la frontière algéro-marocaine », selon un témoignage d’un migrant. « Pourquoi ce même groupe a été séparé en deux une fois arrivé à Touissit ? », s’interroge encore une fois l’AMDH.
Dans un communiqué précédent de l’association, le 29 juillet dernier, la chasse aux migrants a été déclenchée par les services de sécurité dans la région de Nador. « En visite au commissariat de Nador, AMDH Nador a constaté l’arrestation de presque 30 migrants, parmi eux des migrants arrêtés dans des bus à la gare routière. La police les a embarqués et a refusé de leurs permettre d’être remboursés de leur billets du bus», indique la même source, qui dénonce une politique de deux poids deux mesure. «Alors que les grands trafiquants vivent paisiblement et circulent librement à Nador, les autorités de Nador continuent à traquer et arrêter les simples migrants qui sont les premières victimes », dénonce l’association.
L’Association marocaine des droits de l’homme est parmi les rares organisations marocaines des droits de l’homme qui ose dénoncer les violations des droits de l’homme commises par les services de sécurité et les institutions de l’Etat. Des positions qui lui ont attiré les foudres du Palais. Souvent ses activités subissent des entraves de la part des autorités publiques.