Jeudi dernier, au Conseil de la nation (Sénat), le ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui, a fait état de l’ouverture prochaine, à Oran et Skikda, de deux hôpitaux de 120 lits chacun, spécialisés dans la prise en charge des brûlés, la chirurgie plastique et la greffe de peau.

En réponse à une question d’un parlementaire sur le manque d’établissements hospitaliers de ce genre, M. Hasbellaoui a indiqué que les taux d’avancement des travaux de ces deux établissements sont respectivement de 75% et 45%, et que l’Etat a alloué une enveloppe de 600 millions DA pour leurs équipements. Il a mis en avant «les résultats positifs» de la prise en charge des brûlés dans les régions des Hauts-Plateaux et du Sud par l’organisation de «sessions de formation dans le cadre d’un jumelage entre les grands établissements hospitaliers du pays et les établissements de ces régions», et indiqué que son département était «conscient de l’importance de ce dossier sensible, classé parmi les priorités du secteur», ajoutant que «sept services et huit unités hospitaliers, d’une capacité d’accueil de 231 lits, répartis à travers les établissement hospitaliers seront créés, notamment à Alger, Oran, Constantine, Sétif, Annaba, Skikda et Batna».

A ce propos, M. Hasbellaoui a rappelé que des lits supplémentaires ont été ouverts, en 2017, dans les services de réanimation pour la prise en charge de 8 000 cas lourds, la plupart victimes d’accidents domestiques. Le ministre a répondu également à un autre membre du Conseil de la nation concernant le retard accusé dans la réalisation des centres hospitalo-universitaires de Ouargla, Béchar et Laghouat, indiquant que l’Etat procède, progressivement et suivant les priorités, au dégel des projets du secteur, reste, a-t-il ajouté, la question de la formation de la ressource humaine qui relève, elle, du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

L’importation de matières premières soumise à un cahier des charges
En ce qui concerne les mesures prises dans le cadre de la maîtrise des importations, M. Hasbellaoui a indiqué que «la suspension de l’importation de ces matières est soumise à un programme étudié tenant compte des besoins nationaux conformément à un cahier des charges spécifique». «L’importation de ces produits par les producteurs locaux se fait en fonction de leur capacités financières et des besoins exprimés», a-t-il expliqué.
En réponse aux questions de deux sénateurs concernant la mise en place d’une nouvelle base pour la production de certains médicaments au niveau local, après le retrait de certains de ces médicaments des marchés internationaux, M. Hasbellaoui a indiqué que «la nomenclature nationale de l’importation des médicaments est révisée de manière régulière par un comité d’experts». Ajoutant que «le retrait de certains médicaments par les pays producteurs ne signifie pas leur invalidité mais pour de simples raisons commerciales, et ils ne peuvent pas être retirés du marché national sauf dans le cas où la commission compétente prouve leur inefficacité, seul critère retenu par l’Algérie». Il a souligné, par ailleurs, que «la commercialisation de médicaments de manière illégale expose les pharmaciens à la fermeture de leurs locaux et à d’autres sanctions judiciaires», rappelant, à titre d’exemple, «la fermeture d’une unité de production locale pour non-respect des conditions nécessaires». En dépit des assurances du ministre, la rupture d’approvisionnement en matière de médicaments reste importante. En 2017, plus de 530 médicaments étaient introuvables, soit 30% de plus qu’en 2016 et 12 fois plus qu’en 2008. Ce phénomène est dû, selon les experts, à des difficultés de production.