Imposer la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), ou pas, aux composants importés destinés au montage des véhicules est la question qui anime, depuis près de trois mois, la scène nationale et sème la panique dans les marchés de voitures.

Concessionnaires automobiles, simples citoyens, revendeurs de voitures, assureurs, fiscalistes et autres, tout le monde veut savoir si le gouvernement ira jusqu’au bout dans sa volonté de renflouer les finances publiques par l’instauration de la TVA au taux de 19% sur les composants entrant dans le montage des véhicules. Annoncée dans la première version de projet de loi de finances complémentaire pour l’année 2018 (PLFC 2018) à un taux de 9%, puis augmentée à 19% dans la seconde version adoptée par le Conseil des ministres, cette disposition risque tout simplement de disparaître la semaine prochaine. L’opposition des députés, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, à cette mesure fiscale s’est soldée par la décision de la commission des finances de l’APN de proposer la suppression de cet article. Le sort final de ce dernier sera décidé par les députés en plénière le 25 juin prochain. Les éléments d’information disponibles portent à croire que les élus du peuple vont barrer la route au projet de gouvernement. L’argument étant que l’instauration d’une TVA de 19% sur les véhicules provoquerait des nouvelles hausses des prix des voitures, notamment dans le contexte actuel marqué par un grand déséquilibre entre l’offre et la demande. Dans l’impossibilité de répondre à toute la demande nationale en voiture, les quatre assembleurs automobiles activant en Algérie vont tout simplement augmenter les prix pour faire payer cette taxe aux acheteurs. L’idéal est que le gouvernement reporte l’application de cette taxe de 2 à 3 ans, le temps de permettre à de nouveaux constructeurs de s’installer dans le pays. Une arrivée qui fera passer le nombre de véhicules montés localement entre 400 000 et 500 000 voitures par an. Avec un tel volume de production, les constructeurs réduiront automatiquement les coûts de production et, par ricochet, les prix. Dans une conjoncture pareille, les concessionnaires automobiles seront contraints par la logique du marché de supporter une partie de la TVA pour ne pas dire sa totalité.