Les gérants des cafés d’Oran saisissent l’opportunité de la coupe du monde de football pour améliorer leurs chiffres d’affaires et offrir à leurs clientèles la possibilité de suivre gratuitement tous les matchs de cette compétition planétaire.

En effet, ayant appris la bonne nouvelle de la diffusion en clair de tous les matchs du mondial 2018 sur deux chaînes allemandes, les cafetiers oranais ont braqué leurs antennes paraboliques sur le bon satellite pour capter ces deux chaînes et éviter de payer un abonnement assez coûteux à la chaîne qatarie spécialisée dans le sports. Certains cafés se sont même dotés d’écrans HD plus grands et de chaises supplémentaires afin que la majorité des clients puissent avoir des places assises, à l’exception des jeunes adolescents, voire des enfants, relégués au fond de la salle ou de la terrasse. Des gérants de cafés, dans le but de rentabiliser au maximum leurs activités, exigent même de leurs clients de prendre au moins une consommation par période de jeu. « J’ai déjà fait cette expérience durant le dernier mondial où j’ai reçu un monde fou dans mon café. A l’époque, j’avais un abonnement, mais cette année et puisque c’est gratuit, je renouvelle l’expérience et je suis déjà largement satisfait des résultats », explique Tahar, propriétaire d’un café à Haï Salem, ajoutant que « durant le match, j’ai quatre ou cinq fois plus de clients qu’en période ordinaire ». A Oran, un grand nombre de cafés diffusent, l’année durant, les matchs des différents championnats européens qui connaissent un franc succès chez les mordus du ballon rond. Le mondial de Russie n’est qu’à ses débuts, mais les résultats ont déjà dépassé toutes les espérances, puisque les cafés sont bondés de monde durant la diffusion des matches, sachant que, certaines journées, quatre matchs sont diffusés. En outre, les nombreux clients-supporters prennent le soin de venir au café bien avant le match afin de choisir une bonne place.

Ambiance « foot »

Un peu avant le coup de sifflet, les serveurs du café disposent les chaises et les tables en rangées, afin de mieux rentabiliser l’espace et permettre au plus grand nombre de « spectateurs » de trouver une place assise et regarder le match dans de bonnes conditions et, bien entendu, de consommer. L’espace d’un match, la salle ou la terrasse du café se transforme en tribune, avec un camp de supporters pour chaque équipe. Cris d’encouragement ou de déception, sifflets, colère, joie, disputes tous les ingrédients du stade sont «convoqués» dans le café. Dans certaines rues et dans les quartiers populaires, quatre ou cinq cafés sont ouverts à longueur de journée. Les habitants reçoivent chez eux, en direct, le brouhaha provoqué par les clients-supporters 90 minutes durant, et plusieurs fois par jour. Ce qui constitue à coup sûr une autre source de nuisance pour les ménages. « J’ai les deux chaînes allemandes chez moi où je peux regarder tous les matchs, mais je préfère suivre le mondial au café, à cause de l’ambiance. On regarde le match, on fait des commentaires, on crie comme au stade, on se défoule bien et, à la fin, on est satisfaits », indique Houari, de Haï Yasmine. Il estime que l’initiative des gérants de cafés est bonne, car « elle permet aux jeunes oisifs des quartiers de passer leur temps de manière agréable ». Dans les foyers, l’ambiance «mondialiste» n’est pas en reste chez les mordus de football. Plusieurs membres de la famille, à commencer par le père puis les enfants et même des voisins, se branchent sur la planète foot. Certaines familles ont acquis des démos neufs et des paraboles, voire même de nouveaux postes de télévision profitant des promotions proposées durant le mois du
Ramadhan. « Ce n’est pas tous les jours qu’on suit tous les matchs du mondial en direct et gratuitement, il faut donc acquérir un peu de matériel adéquat et plus performant», note, Zino, un habitant de Haï Sabah. (APS)