Le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Ahmed Ouyahia, a appelé jeudi et vendredi le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à briguer un 5e mandat à la tête de l’Etat.

Intervenant à l’ouverture des travaux du Conseil national de son parti, organisé à Zéralda, M. Ouyahia a lancé d’entrée de jeu : « Je suis heureux de constater que notre Conseil national entend appeler le moudjahid Abdelaziz Bouteflika à poursuivre sa mission et son sacrifice au service de l’Algérie. Le Rassemblement national démocratique l’assure de son soutien pour l’accomplissement d’un nouveau mandat à la présidence de la République ». Hier, vendredi, le conseil national du RND a entériné cet appel dans un communiqué sanctionnant ses travaux : « Le Conseil national demande instamment au moudjahid Abdelaziz Bouteflika de répondre aux appels nombreux qui s’élèvent de la société pour qu’il continue sa mission à la direction du pays en se portant candidat aux élections présidentielles du printemps 2019 ». Pour justifier son appel au chef de l’Etat, Ahmed Ouyahia a fait valoir que «c’est le choix du conseil national». «C’est un choix au service de la sécurité, de la stabilité et de l’Algérie », a-t-il insisté. Le secrétaire général du Rassemblement, à l’instar du secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) Djamel Ould Abbès, lors de son appel à un 5e mandat du président, a beaucoup défendu le bilan du chef de l’Etat depuis son accession au palais d’El Mouradia en 1999 : « La sécurité, nous la devons à la réconciliation nationale vers laquelle le moudjahid Abdelaziz Bouteflika a guidé notre vaillant peuple. La stabilité, nous la devons à la politique promue par le président de la République au fil des décennies, qu’il s’agisse des réformes politiques accomplies, qu’il s’agisse de la reconstruction menée au niveau social, ou qu’il s’agisse de la relance économique mise en place. » Avant d’insister : « Les résultats de cette politique présidentielle sont bien là. » Usant parfois des mêmes arguments qu’Ould Abbès, M. Ouyahia a évoqué la question du logement, de la chute des prix du pétrole et de la liberté de la presse. « Combien de pays du sud de la planète disposent de la liberté de la presse qui existe dans notre pays ? Combien de pays du sud de la planète, ou même du nord, peuvent distribuer 50 000 logements en quelques journées, comme vient de le faire l’Algérie, à l’occasion de Leïlat El Qadr ? Combien de pays dépendant des hydrocarbures ont pu résister à la grave chute des prix du pétrole comme l’a fait l’Algérie, sans recourir à l’endettement extérieur et sans voir reculer la croissance économique ?», a-t-il interrogé. Et de répondre : «Ces trois exemples que j’ai cités me permettent d’éviter de parler durant des heures des réalisations de l’Algérie sous la conduite du président Bouteflika qui mène une politique guidée par les seuls intérêts du peuple et de la Patrie ».

Ouyahia ouvre le feu sur les ONG, les médecins résidents, l’opposition et certains journaux
Lors de son allocution, Ouyahia a fait observer que « le pays se dirige vers les élections présidentielles du printemps 2019, un rendez-vous qui suscite une activité politique accrue », avant de regretter «le déferlement de critiques et même d’insultes indignes contre les symboles de l’Etat ». Selon lui, « il n’est pas normal d’entendre les appels répétés pour une période de transition comme si le peuple souverain n’a pas droit à la parole ». Dans une pique lancée contre les médecins résidents grévistes, l’orateur a fustigé « les manœuvres politiciennes ou occultes pour déstabiliser le front social au détriment du droit des citoyens au service public ».
De même qu’il dénoncera « ces voix algériennes qui s’élèvent pour soutenir les attaques contre le pays émanant d’organisations étrangères et même nationales autour de motifs infondés, comme les migrants africains ou le droit syndical ou enfin la liberté de la presse ». La presse n’est pas en reste, puisque le leader du Rassemblement relèvera « que des journaux depuis des mois font de la critique du président un fonds de commerce et personne ne les a arrêtés ». Et pourtant, à ses yeux« il n’y a pas de quoi être pessimiste ». Et pour cause. « Depuis l’engagement du financement non conventionnel en tant que choix imposé par la crise financière et la chute des prix du pétrole, l’Algérie « vit une situation confortable ».
Le secrétaire général du RND ne manquera pas également de souligner que la stabilité de l’Algérie « dérange ». « La solidité de l’unité nationale face à toutes les manoeuvres qui ont ciblé l’Algérie depuis l’agression terroriste jusqu’au complot du printemps arabe, nous sommes de plus en plus la destination d’un flot de drogues pour détruire notre tissu social et notre jeunesse », a-t-il expliqué.