La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, qualifie la suppression par la commission finances de l’Assemblée populaire nationale de la TVA de 19% sur les véhicules montés en Algérie, de victoire pour le citoyen.

Pour elle, l’amendement de ce dispositif, inscrit dans l’article 6 du projet de loi de finances complémentaire 2018, est le résultat d’un large consensus de nombreux groupes parlementaires pour son annulation. « Une action commune qui a fini par avoir le dernier mot », s’est félicitée la secrétaire générale. S’exprimant hier en son siège à l’entame de la réunion du bureau politique pour faire le bilan de son activité depuis sa dernière réunion du 21 mai dernier, Louisa Hanoune a tenu à préciser : « Les arguments que nous avons avancés à la commission ont été admis, par contre ceux avancés par le groupe parlementaire du RND ont été rejetés pour vice de forme. » Toujours à propos du PLFC2018 et concernant le dispositif donnant plus de prérogatives au Conseil national de l’investissement (CNI), la secrétaire générale considère que « c’est tout à fait contraire à la Constitution qui stipule que les deux chambres sont les seules habilitées à donner leur accord ou non à l’exoration de taxes ou autres impositions ». « Nous allons donc contester avec force ce dispositif », a-t-elle souligné. Louisa Hanoune s’est aussi prononcée sur le financement non conventionnel. « A ma connaissance, il a été imprimé jusqu’ici l’équivalent de 30 milliards de dollars, dont 500 milliards de dinars qui sont allés vers les caisses de l’Etat, 400 milliards de dinars pour payer les créances envers les entreprises détentrices de marchés publics et 500 milliards consacrés au dégel des projets d’infrastructure. Et donc, nous estimons qu’il est légitime de savoir où est passé le reste ? s’est interrogée Mme Hanoune. Et de lancer dans ce sens : « Nous attendons avec impatience une réponse du comité de suivi du financement non conventionnel relevant, à la fois, du ministère des Finances et de la Banque d’Algérie. Comme nous suggérons la mise en place d’un outil pour le contrôle de ce comité de suivi ». Autre sujet abordé par la responsable du PT, celui du projet de loi sur les hydrocarbures. Et là encore, cette dernière n’a pas caché toute son indignation. Pour elle, « faire appel à un cabinet d’affaires étranger pour sa rédaction est une insulte à l’intelligence des Algériens. C’est d’ailleurs comme si nous n’avions pas retenu les leçons de l’ancien texte de loi concocté par Chakib Khellil, du temps de son passage à la tête du ministère de l’Energie, qui a vite fait de dévoiler toutes ses failles ». A propos de l’achat d’une raffinerie par Sonatrach, la secrétaire générale doute fort que ce soit une bonne affaire, dès lors « où la maintenance de cette vieille raffinerie va peser sur son budget de fonctionnement et, par ricochet, se répercuter sur le prix de revient à la production du pétrole raffiné». Evoquant la situation de crise financière que traverse le pays, Hanoune dira : «Cela demande une nouvelle orientation de notre économie et non pas de procéder par des mesures irréfléchies.» Comme elle a tenu à rappeler : «Nous sommes à deux ans de la levée des barrières tarifaires comme prévu dans l’accord d’association de l’Algérie avec l’Union européenne, cette fois, aucun report ne nous sera accordé comme cela a été le cas auparavant». Et donc, pour elle, « il faudra que notre outil de production s’y prépare de manière à devenir compétitif afin d’éviter de perdre des parts de marché local avec toutes les conséquences qui peuvent en découler tant sur le plan économique que social ».