La compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach, la Française Total et l’Espagnole Repsol ont signé hier à Alger un contrat de recherche et d’exploitation de gaz dans le périmètre de Tin Foye Tabankort (Illizi), le gisement le plus algérianisé, le nombre des employés nationaux qui y travaillent étant le plus important comparé aux autres sites en association.

Le contrat, d’une durée de 25 ans, porte sur la réalisation d’un programme de développement additionnel estimé à 324 millions de dollars et financé à hauteur de 51% par Sonatrach, de 26,4% par Total et de 22,6% par Repsol. Ce sont là des indications chiffrées fournies par l’administrateur de l’Association Sonatrach-Total-Repsol, Mahfoud Amamra, cité par l’APS. Les trois associés vont ainsi consentir des efforts financiers additionnels en vue d’optimiser au mieux la production sur ce site. Il est attendu, dans cette perspective, que la production actuelle, qui se situe à plus de 80 000 barils équivalent pétrole/jour (bep/j, soit maintenu à ce niveau pendant six ans et que soit récupérées des réserves additionnelles d’hydrocarbures estimées à plus de 250 millions de bep dont 29,2 milliards de m3 standards de gaz sec. Pour atteindre un tel objectif, les trois partenaires travailleront à réaliser un programme de travaux additionnels comprenant notamment le forage de onze nouveaux puits, l’installation d’une unité de compression de basse pression en amont de l’usine et l’optimisation du réseau de surface et de fonctionnement de l’usine. Le contrat dont il s’agit s’inscrit en fait dans une stratégie de développement et de valorisation des gisements déjà en exploitation dont il est souhaitable dans le contexte d’aujourd’hui d’en relever le volume de production. Intervenant lors de la cérémonie de signature, le P-dg de Sonatrach a d’ailleurs évoqué cela, en soulignant que la conclusion de ce nouveau contrat va nous permettre de mieux valoriser nos réserves, ce qui est l’un des objectifs affiché de la Stratégie Sonatrach 2030 (SH 2030). Et d’ajouter que nous sommes heureux de renforcer le partenariat historique qui lie Sonatrach à Total et Repsol sur le champ TFT où nous travaillons main dans la main depuis 1996.

Un gisement à forte teneur où tout le monde est gagnant
Le directeur général de Repsol Algérie a également exprimé sa satisfaction, rappelant que ce champ produisait déjà depuis plus de 19 ans, et ce, grâce à la coopération des trois compagnies signataires du contrat et à leur professionnalisme.
Aujourd’hui, dit-il, ils ont décidé de lancer un programme additionnel de développement qui devra leur apporter une valeur ajoutée. Ce jalon, a poursuivi Wloszczowski, est important pour le renforcement de la coopération entre Repsol et Sonatrach à travers notamment la production de gaz à TFT et d’autres productions dans d’autres régions du pays. Le groupe Repsol exerce en Algérie depuis 1973. Il a grand espoir de voir cette compagnie rester encore pour de nombreuses années pour lancer de nouveaux projets. De son côté, le P-DG de Total a estimé que ce contrat marquait une nouvelle étape dans la mise en œuvre de l’accord global signé entre Sonatrach et Total en avril 2017 et contribue à renforcer la coopération stratégique entre les deux sociétés.
En tant que partenaire historique du champ de TFT, Total continuera à apporter le meilleur de son expertise technologique afin de poursuivre la valorisation des réserves de ce champ gazier. Ce projet s’inscrit dans la stratégie du groupe de développer sa production de gaz dans des conditions compétitives, a soutenu Pouyanne. Les investissements déjà consentis pour le développement de ce gisement sont de l’ordre de 1,2 milliard de dollars et ont été fractionnés en deux phases. La première phase a porté sur la mise en production du gisement en 1999 par la réalisation de 2 trains de traitement de 10 millions Sm3/j chacun, et de, respectivement, 3 lignes d’expédition de gaz, de condensat et de GPL. Quant à la deuxième phase, elle a porté sur la réalisation d’une station de boosting en mai 2010 en vue de maintenir le plateau de production à 20 millions Sm3/j pendant 5 années. Le périmètre contractuel de TFT, situé dans le bassin d’Illizi à environ 400 km au sud-est de Hassi Messaoud, avait été découvert par Sonatrach et s’étend sur une superficie de 1.571 km2. Sa mise en exploitation remonte au 18 mars 1999 suite aux travaux de développement réalisés par l’association de ces trois partenaires. Ce champ produit du gaz sec, du condensat et du GPL. Les petits ruisseaux font les grandes rivières semble être la devise « officieuse» de Ould Kaddour qui veut augmenter le taux de récupération sur les gisements existants, dont la plupart sont de petite à moyenne taille, et partant le volume globale de la production des hydrocarbures dans le pays. Il est en train de le faire en attendant de voir comment et à quel rythme la « crise » de l’attractivité de l’investissement dans de nouveaux gisements va se résorber. N’en pas douter, le salut passera une fois de plus par l’amélioration du cadre juridique qui sous-tend le secteur pétrolier.