Quelques jours après avoir accusé la Banque extérieure d’Algérie (BEA) de faire preuve de favoritisme, le P-DG d’Alliance Assurances, Hassen Khelifati, est de nouveau monté au créneau pour déplorer la « discrimination » et le « dumping » qui pèsent sur le secteur.

« Les pratiques discriminatoires et le dumping largement constatés sur le secteur et qui visent tout bonnement à exclure les assureurs privés d’une concurrence saine, légale et loyale sans fondement juridique ni légal ou technique », a déclaré M. Khelifati lors de l’assemblée générale des actionnaires de la compagnie qu’il dirige, tenue jeudi dernier.Ces pratiques sont « en flagrante violation de l’article 43 de la Constitution de 2016, de la volonté du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, ainsi que des différentes déclarations des responsables de l’Exécutif sur la fin de la discrimination », a-t-il souligné , avant que les membres l’AG ne lancent un appel aux autorités publiques, aux autorités de régulation des assurances, boursières et bancaires, au Conseil de la concurrence pour revendiquer« moins de discrimination dans la rédaction des cahiers des charges et des appels d’offres d’assurances, plus d’équité au niveau des banques et moins d’exclusion du secteur privé pour accompagner sa propre clientèle acquise après des années d’effort et de fidélisation ».Une démarche orientée dans le sens de ces revendications ouvrirait des horizons sur un marché des assurances « encore plus florissant » et une santé financière « encore meilleure », estiment les mêmes membres.Ce n’est pas la première fois que le P-DG d’Alliance Assurances s’en prend aux pratiques discriminatoires et à la concurrence « déloyale » qui pénalisent les opérateurs privés du secteur. Sa dernière sortie date d’il y a à peine deux semaines, lorsqu’il avait accusé la BEA de faire preuve de favoritisme dans l’attribution des marchés publics en privilégiant les assureurs publics au détriment de sa compagnie. M. Khelifati n’avait pas hésité à distribuer les mauvais points à la banque publique en affirmant qu’elle est à l’origine de pratiques « récurrentes », « scandaleuses, inacceptables et discriminatoires», visant à privilégier le secteur public. A l’origine de pareille réaction, une directive de la BEA qui aurait exigé des entreprises de souscrire une assurance auprès des compagnies publiques « ou de prétendre à un crédit bancaire dont le montant est supérieur à 500 millions de dinars », avait-il expliqué. Cette directive, pourtant datant de 2012, selon le même responsable, a servi pour « exclure et éliminer d’office» Alliance Assurances, a-t-il regretté. «Nous avons dit à nos propres clients que s’ils voulaient que la BEA leur accorde de nouveaux crédit s, il ne faudra plus renouveler leur assurance chez leur assureur historique », a encore fait savoir M. Khelifati. Estimant qu’ « il n’existe aucun critère technique de réassurance ou de capacité managériale sur lesquels la BEA peut s’appuyer pour justifier cette exclusion dont sont victimes les assureurs privés » et que cette manière de faire vise à « maintenir le monopole » des sociétés publiques et à entraver le développement des entreprises privées. En dépit des entraves auxquelles elle se trouve confrontée, Alliance Assurances poursuit sa croissance, affichant un chiffre d’affaires de 4 802 milliards de dinars en 2017, soit une hausse de 5,2 % par rapport à 2016. Le résultat net de cette compagnie est de 432 millions de DA durant l’exercice 2017, en hausse de 2,4% par rapport à 2016. Ces performances sont le résultat d’une vision claire, une stratégie offensive et des performances opérationnelles de tout son personnel », s’est-on réjouit lors de l’AG de jeudi dernier.