Comme prévu, les Etats-Unis ont mis leur veto vendredi aux Nations unies au projet de résolution présenté par le Koweït au Conseil de sécurité condamnant les crimes d’Israël et réclamant la protection des Palestiniens à Ghaza et en Cisjordanie occupée. Washington a encore une fois confirmé son parti-pris antipalestinien et son soutien aux actions criminelles d’Israël.

Dans une posture minimale le Conseil de sécurité a rejeté un projet de résolution américain rendant responsable le Hamas palestinien des tueries dans la bande de Ghaza. Une aberration que Washington n’aura pas pu faire passer. Ce qui a fait dire à l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley qu’il « est maintenant complètement clair que les Nations unies ont un biais irrémédiable contre Israël ». Dans un exercice de menaces devenue coutumiers envers les Etats membres la représentante américaine a déclaré que les membres du Conseil de sécurité « étaient prêts à rejeter la faute sur Israël, mais n’étaient pas prêts à le faire avec le Hamas ».
Dix pays, dont la Chine, la Russie et France ont voté pour le texte présenté par le très dynamique représentant du Koweït.
Quatre autres (Royaume-Uni, Ethiopie, Pologne, Pays-Bas) se sont abstenus alors que les Etats-Unis ont voté comme prévu contre. Concernant le texte américain, les Etats-Unis sont le seul pays à avoir voté pour. Onze pays se sont abstenus tandis que le Koweït, la Bolivie et la Russie ont voté contre.
Ainsi encore une fois le veto américain a démontré qu’il veille au grain contre toute condamnation des exactions israélienne dans les territoires occupés. L’Etat hébreu peut massacrer dans l’impunité sans risquer de se voir condamner par une « communauté internationale » décidément bien impuissante face à l’hégémonisme de l’hyperpuissance.   

Condamnés à subir le feu de l’occupant
Avant les deux votes, Nikki Haley a expliqué que le projet du Koweït, en condamnant Israël pour les récents tueries visant des Palestiniens désarmés était « largement inexact dans sa représentation des évènements récents ». Jeudi, elle avait déjà prévenu que les Etats-Unis mettraient « un veto certain » à ce projet du Koweït, qui représente les pays arabes au Conseil de sécurité.
La version finale de ce texte appelait à « considérer des mesures garantissant la sécurité et la protection » des civils palestiniens et réclamant que le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres présente un rapport sur un possible « mécanisme de protection international ».
Les Palestiniens se sont vu finalement priver de toute protections internationale face à leurs bourreaux. Les habitants de Gaza vivant dans une véritable prison à ciel ouvert, souffrant d’un blocus inhumain, sont condamnés à subir le feu de l’occupant sans conséquences. Au moins 123 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis la fin mars, la majorité le long de la barrière de sécurité qui enferme la bande de Gaza. Pour être adopté à l’ONU, un projet de résolution doit recueillir neuf votes sur les 15 membres du Conseil et aucun veto des membres permanents qui sont le Royaume-Uni, la Chine, la France, la Russie et les Etats-Unis.
Mais Washington use systématiquement de son véto afin de protéger un Etat perpétuant des crimes réguliers contre une population sans défense. Fragilisant de la sorte le droit international.