Lors de la rencontre organisée, hier, au CIC Alger, dédiée à la transition énergétique au niveau des collectivités locales, le ministre de l’Intérieur Noureddine Bedoui a rappelé, en présence de la ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables (ENR), Fatma-Zohra Zerouati, et du wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, le rôle que doivent jouer les collectivités locales dans la transition énergétique.

Un rôle qui doit s’articuler autour de deux axes, celui de la promotion des énergies renouvelables au niveau local et l’efficacité énergétique qui devra passer par « une consommation rationnelle et raisonnée » de l’énergie. « Il est nécessaire que la consommation énergétique soit raisonnée, d’autant que la situation financière des collectivités locales fait face à des difficultés financières », a estimé le ministre de l’Intérieur.
Appelant à trouver des alternatives, notamment s’agissant de l’éclairage public, des écoles, des mosquées et des administrations publiques « qui ont constitué un poids lourd sur les finances des collectivités locales» avec une facture de consommation énergétique qui atteint 56% du budget total de gestion des communes, ce qui équivaut à 14,9 milliards de dinars par an.
M. Bedoui a, dans ce cadre, rappelé la feuille de route tracée par le gouvernement, dont l’objectif des pouvoirs publics est d’atteindre à horizon 2030 un taux de 27% d’énergie de sources dites « propres » et ainsi éviter le rejet de 130 millions de tonnes de CO2 et réaliser une économie globale de 63 millions de TEP. « Pour ce faire, il faut faire un travail de formation, c’est un nouveau modèle de consommation sur lequel on doit communiquer et sensibiliser la population sur ses avantages », a exprimé Noureddine Bedoui. «Le challenge ne réside pas dans le développement de technologie mais dans la volonté », a-t-il ajouté, pour signifier aux élus locaux la nécessité de s’impliquer dans le développement des énergies renouvelables à travers le pays.
Les collectivités locales doivent jouer un rôle important en termes de renouvelable et d’efficacité énergétique selon les différents intervenants, d’autant que la consommation des communes en électricité est en constante augmentation depuis plusieurs années. « Cette consommation a atteint 4 801 GWh en 2017, soit 8% de la consommation nationale d’électricité », a indiqué Fatma Zohra Chorfi, la secrétaire générale du ministère de l’Energie, qui précise que ce chiffre représente 27 milliards de dinars, dont plus de la moitié est dédiée à l’éclairage public.
Pour Nahla Kheddache, directrice du projet renouvelable au ministère de l’Intérieur, il s’agit de relever les contraintes au niveau local qui peuvent freiner le développement du renouvelable et la rationalisation de la consommation, citant parmi ces contraintes la faible rentabilité des ENR du fait de la forte subvention du conventionnel ainsi que le manque de personnel qualifié pour le montage des projets liés au renouvelable. L’intervenante cite, également, la particularité de la rentabilité sur le long terme de ce type de projets, ce qui induit un manque d’intérêt pour les élus locaux à développer les structures nécessaires.
D’autre part, la représentante du ministère de l’Intérieur a énuméré les aspects bénéfiques des structures produisant de l’énergie renouvelable comme pour le solaire à travers un comparatif avec les équipements traditionnels. « Un lampadaire solaire coûte certes plus cher, mais son installation est plus simple tout comme sa maintenance, qui nécessite un changement de batterie tous les 5 ans, voire 7 », a-t-elle expliqué, ajoutant que cela ne nécessite ni câble de raccordement ni tranchée ou abonnement.
Pour ce qui est de la formation, Nahla Kheddache a rappelé la programmation de deux sessions de formation dans le domaine des énergies renouvelables au profit de 116 techniciens et attachés au Cabinet, à travers les 48 wilayas du pays. Soulignant le lancement, durant l’année en cours, des programmes de formation pour les chargés de l’énergie au niveau de chaque commune. Autre axe de développement des énergies renouvelables, le lancement, dès la prochaine rentrée scolaire, de 48 projets pilotes d’écoles en cours de construction ou d’aménagement, pour en faire des écoles « à énergie positive », et par la même occasion, mobiliser les écoles primaires dans la promotion du développement durable.