Les pouvoirs publics sont bel et bien déterminés à se renflouer, quitte à aller puiser jusqu’au dernier sou capable de subsister encore dans les fonds taris du portemonnaie d’un citoyen lambda,  qui n’en peut  plus d’être sollicité à chaque opération que le gouvernement déclenche ou renforce au profit d’une politique d’austérité peinant à trouver ses assises.

La toute fraîche sortie du ministre du Commerce pour annoncer  le remplacement du mécanisme des mesures de suspension à l’importation de nombreux produits par des taxations et des droits de douane à taux variant entre 30 et 200%, a d’ailleurs rappelé combien est tenace cette détermination et combien est forte la conviction des autorités quant à la portée de ce changement de stratégie.
Bien plus que des mesures dissuasives adressées aux importateurs dans l’objectif de protéger la production nationale, cette option peut servir à collecter des ressources financières considérables pour le Trésor public, sachant que la quasi-majorité des entreprises locales activant dans les filières concernées par les fortes taxes ont encore du chemin à faire pour remplacer les  entreprises étrangères qui ont inondé les étals du pays  depuis un quart de siècle déjà.
Les nouvelles mesures contenues dans le projet de loi de finances complémentaire s’inscrivent, elles aussi, dans cette logique, et si ce texte passe victorieusement le cap du Conseil des ministres prévu aujourd’hui, le reste du parcours au niveau des deux Chambres du Parlement ne sera sans doute que simple formalité pour ses rédacteurs.
La fiscalité ordinaire n’est pas en reste dans l’offensive du gouvernement visant à trouver l’argent nécessaire à une balance budgétaire locale qui ne peut compter sur le seul renchérissement des cours du pétrole. Les mesures prises ces trois dernières années pour diminuer du phénomène de l’évasion fiscale ont redonné le sourire aux responsables de la Direction générale des impôts. Mais aussi des ambitions, dont celle de faire de la fiscalité ordinaire la source principale pour le financement du budget de fonctionnement de l’Etat.