Des élections législatives et présidentielle sont prévues en décembre en Libye. La convergence des principaux acteurs libyens sur ce processus politique est déjà une avancée considérable tant la situation, engageant des protagonistes armés et déterminés, paraîssait insurmontable.

La chance de la Libye c’est d’être dans une disposition qui engage tout le voisinage. La situation géographique de ce pays est telle qu’une instabilité chronique mettrait en péril non seulement la région d’Afrique du Nord et du Sahel, mais aussi la rive Nord de la Méditerranée, constituée de pays européens obnubilés par le risque migratoire et sécuritaire. D’où les efforts redoublés de ces pays vers davantage de désescalade et d’ouverture pour le consensus. Ironie du sort, c’est la France, cette puissance qui avait joué un rôle prépondérant à l’époque de Sarkozy dans la déstabilisation de la Libye et la mort de Kadhafi, qui joue aujourd’hui le rôle contraire, celui de remettre le pays sur rails. Il y va évidemment de l’intérêt général de la région. La Libye est trop riche de ses hydrocarbures pour la laisser sombrer dans le désordre. Il fallait impérativement aller vers une solution et apaiser les tensions. Un apaisement entre la Tripolitaine et la Cyrénaïque pourrait déjà éloigner le spectre de la partition de la Libye, un scénario qui a été longtemps échafaudé. Avec son corollaire, le risque d’embrasement généralisé. Aujourd’hui, la solution politique semble en passe de s’imposer. Il est indéniable que c’est aux seuls Libyens de trouver un terrain d’entente. En faisant les concessions qui s’imposent dans ce type de situation qui engage l’avenir de leur pays. Reste que les élections annoncées nécessitent un préalable sécuritaire. Un minimum qui permet d’organiser un scrutin dans des conditions minimales de sécurité qui pousseraient les Libyens à aller voter sans peur de subir des représailles. Au vu de la situation actuelle ce sera un véritable défi pour la Libye et les Libyens.