Le secrétaire général du Haut-commissariat à l’amazighité (HCA), Si El Hachemi Assad, a appelé à actualiser la circulaire ministérielle de l’éducation de 2008, qui donne un caractère facultatif pour l’enseignement de tamazight, et ce, en le rendant obligatoire.

Un appel qui intervient au lendemain de la célébration du 23e anniversaire de la création du HCA, mais, également, dans un contexte où tamazight a connu d’importants progrès ces dernières années, notamment après sa consécration comme langue officielle par la Constitution de 2016. Tamazight a également connu plusieurs chantiers ouverts pour lui donner la place qui lui sied dans la société algérienne, mettant, ainsi, fin à des années d’exclusion. Mais des observateurs évoquent des avancées symboliques, et de regretter que l’appel de M. Assad risque de se heurter à des problèmes majeurs qui vont finir par rendre sa proposition «impossible à concrétiser dans l’immédiat». Et pour cause, tamazight est une langue non encore aménagée, et son enseignement ne peut donc être imposé notamment pour les locuteurs arabophones.
Si M. Assad parle de la généralisation de tamazight, il reste difficile de comprendre quelle langue entend-il généraliser, car tamazight est une langue polynomique, composée d’un ensemble de variantes.
Le tamazight standard, que beaucoup parmi les spécialistes appellent à généraliser dans son enseignement, n’est pas encore normalisé, ce qui implique la nécessité de récupérer et de recueillir le corpus de la langue orale, dans la représentation théâtrale, dans le parler quotidien et mettre en place les moyens informatiques et intellectuels pour faire un corpus numérisé. M. Assad en tout cas veut coûte que coûte que la promotion de tamazight passe par sa généralisation. Mais sa généralisation, du moins dans l’enseignement, a affirmé la ministre de l’Education nationale, répond au préalable d’une académie de langue qui décidera des questions de tamazight dans les établissements scolaires. Toujours dans l’éducation, M. Assad s’était réjoui de voir que le ministère de l’Education nationale a mobilisé 300 postes budgétaires pour des enseignants de tamazight en prévision de la prochaine rentrée scolaire. Ces postes seront réservés aux diplômés des instituts de langue et de culture amazighs des universités de Tizi Ouzou, Bouira, Batna, Béjaïa et Alger. Le HCA assurera à ces futurs enseignants accompagnement, encadrement et manuels. D’autre part, il a insisté également sur le relèvement du coefficient de la langue amazighe à 3, au lieu de 2, actuellement, car «elle représente l’identité nationale». Ceci, en attendant la naissance de l’Académie algérienne de la langue amazigh dont l’avant-projet de loi organique relatif à son fonctionnement a déjà été annoncé. Ce texte fixe les missions, la composition, l’organisation et le fonctionnement de cette académie instituée par l’article 4 de la Constitution, qui déclare que tamazight est également langue nationale et officielle. Sur un autre volet, M. Assad a fait état d’un budget réservé par la présidence de la République au soutien du mouvement associatif culturel amazigh, assurant que chaque association peut accéder à ce soutien à condition de développer un programme de promotion de tamazight, précisant que 914 associations culturelles amazigh existent à l’échelle nationale.