Rien ne va plus au parti du Front de libération nationale (FLN) à Annaba. En effet, depuis quelques jours, et par presse interposée, Bahaeddine Tliba, député, et Boudjemaâ Talai, ancien ministre, mais également député, échangent publiquement des accusations gravissimes.

Ainsi, Tliba accuse l’ex-ministre des Transports d’avoir « dilapidé les deniers publics » lorsqu’il était à la tête de Batimetal, dans l’affaire de la construction de silos pour céréales avec une entreprise italienne. Boudjemaâ Talai, de son côté, estime que Tliba « a amassé une fortune illégalement ». Mais dans cette guerre, où l’un tente de neutraliser l’autre, ce n’est assurément pas les divulgations qui intéressent, vu qu’elles ne visent, en aucun cas, à pousser la justice à se saisir de l’affaire, mais renseignent sur un conflit qui précède une échéance électorale importante, l’élection présidentielle de 2019, donc, un objectif de positionnement et de repositionnement au sein du parti.
Cet échange musclé entre les deux députés et tête de pont de l’ex-parti unique à Annaba et El Hadjar s’inscrit, également, et en filigrane, dans les manœuvres qui visent le secrétaire général Djamel Ould Abbès.
Ce dernier, qui a eu vent d’une pétition signée par plusieurs membres du Comité central de l’est du pays, a aussitôt, organisé une virée à Annaba, où Tliba était chargé des préparatifs.
Le retour à l’avant-scène locale de Tliba était, selon des sources locales, conditionnée par la divulgation de la liste des signataires de cette pétition, lancée par Amara Saïdani pour déstabiliser son successeur à la tête du FLN. Ce retour dans les bonnes grâces d’Ould Abbès de Tliba était une aubaine pour l’ex-vice-président de l’APN d’en finir avec ses potentiels concurrents au FLN local. Sa cible, la première, n’est autre que Boudjemaâ Talai qu’il voit d’un mauvais œil, surtout que l’ancien ministre des Transports reste influent et jouit du soutien des décideurs locaux. « C’est une guerre de repositionnement au sein du parti », confirme notre source. Elle a ajouté que d’autres révélations seront faites dans les jours à venir, surtout que Tliba « a instrumentalisé des sites Internet qui se sont attaqués à Talai sans prendre le soin de vérifier leurs informations ».
L’on apprend, également, que Talai s’affaire depuis à écarter Tliba de toutes les instances du parti, en jouant, notamment sur « la fibre régionaliste locale », indique notre source, qui rappelle que Tliba « n’est pas d’Annaba mais d’Oued Souf ». Un argument pour Talai pour confirmer son aura dans l’ex-Bône.