S’exprimant, hier, dans l’émission «l’Invité de la Rédaction» de la Chaîne III de la Radio algérienne, le directeur général des Forêts, Azzeddine Sekrane, a mis l’accent sur le nombre insuffisant d’agents forestiers comparativement à l’étendue de la superficie forestière, ainsi que le manque de moyens modernes d’intervention.

Le talon d’Achille de la direction des forêts (DGF) demeure, sans nul doute, la question de ses moyens limités qui se conjuguent avec un manque criant de personnel. En effet, depuis quelques années, la direction des forêts souffre d’un manque de moyens logistiques, d’armes d’intervention, de main-d’œuvre. Une situation alarmante face aux feux de forêt récurrents et à un couvert végétal estimé à plus de quatre millions d’hectares. Le directeur général des Forêts indiquera que les forestiers ne disposent pas de tous les moyens pour faire face, seuls, aux incendies qu’il explique «par un déficit en matière de normes, mais également en moyens humains autrement plus importants».
Selon lui, «le secteur ne dispose que de 5 000 hommes pour gérer et protéger 4,3 millions de superficies boisées», à cela, s’ajoute la lancinante question du manque de moyens logistiques, les services ne disposent pas d’assez de véhicules. Par ailleurs, il a indiqué que «4 600 forestiers seront équipés de combinaisons anti-feu pour une autoprotection et une intervention efficace»  et annoncé «l’acquisition de 44 camions citernes légers ». Poursuivant son intervention, le DGF a indiqué que «le dispositif de lutte contre les feux de forêt vient d’être renforcé et adapté pour cette année», soulignant que «quinze nouvelles colonnes mobiles seront mises à la disposition des unités d’intervention de la Protection civile». Il a mis l’accent sur l’importance d’une coordination et d’une concertation pour la réussite de la campagne de prévention contre les incendies de forêt. Il a insisté sur l’impératif «d’actualiser la législation nationale relative à la prévention des risques majeurs, dont les incendies de forêt, promulguée en 2004, et de l’adapter aux évolutions enregistrées dans ce domaine». Il a signalé également que tous les dispositifs de lutte vont être réactivés sur la base d’une révision des différents textes les organisant, annonçant au passage l’utilisation de moyens de lutte héliportés de la Protection civile et l’utilisation de tenues spéciales de protection par les personnes chargées de la lutte anti-feu. Par ailleurs, il considère que les administrations locales, situées pour un grand nombre d’entre elles en zones de montagnes, occupent une part importante dans le processus de prévention et de lutte contre les feux de forêt, d’où l’intérêt, dit-il, à les doter de moyens d’intervention plus performants. Commentant la situation créée l’été dernier, lors de laquelle les incendies ont provoqué quatre morts et amputé de quelque 53 000 hectares les étendues boisées, Azzedine Sekrane signale que les autorités ont décidé de faire regrouper les efforts de tous les acteurs pouvant contribuer à lutter contre «ce fléau», citant notamment, l’apport de la Délégation nationale aux risques majeurs.