L’Association algérienne des consommateurs (Apoce) a appelé le gouvernement à revoir les tarifs des documents biométriques introduits dans le projet de loi de finances complémentaires en cours de discussions.

Dans un communiqué rendu public hier, l’Apoce a dénoncé cette nouvelle tarification, qui, selon elle, pourrait être « un obstacle entre le citoyen et son identité ». Elle a expliqué que ces nouvelles mesures font partie d’une série d’augmentations « pour arriver à remplir les caisses du Trésor public durant les trois dernières années », en précisant que ces augmentations portent atteinte au pouvoir d’achat des Algériens qui ont un faible revenu. Pour cette raison, l’Apoce a appelé le gouvernement à trouver d’autres méthodes de financement alternatif, notamment durant cette période qui connaît « une baisse du pouvoir d’achat ». Parce que, selon l’association, cette nouvelle taxe, qui est un impôt, va accentuer la souffrance des citoyens notamment en ce qui concerne un document aussi important, comme la carte nationale. Les citoyens sont choqués de la marge bénéficiaire sur les coûts de ces documents, «qui a fait sentir à certains que l’administration est passée de lieu public à vendeur de service», peut-ont lire dans le communiqué.
Pour rappel, le gouvernement a annoncé la revue à la hausse des tarifs des documents électroniques prévue dans le projet de loi de finances complémentaire 2018. Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Nourreddine Bedoui, a justifié cette augmentation en affirmant que «les processus de numérisation, de modernisation et de développement ont un coût», ajoutant que le ministère de l’Intérieur aspire à moderniser et à humaniser l’administration pour répondre aux normes internationales. « Il n’y aucun mal de procéder à l’étude de la valeur financière de ces documents biométriques sécurisés », a souligné le ministre, précisant que les nouveaux tarifs de délivrance des documents biométriques sécurisés « sont toujours au stade de l’examen et d’étude de comparaison avec les expériences des autres pays » et que le texte « n’a pas été promulgué pour parler de nouvelles taxes ».
Selon les détails apportés par M. Bedoui, la carte nationale d’identité biométrique électronique, dont le coût est actuellement de 2 000 DA, sera délivrée pour 2 500 DA. Concernant le passeport biométrique électronique, son coût en vigueur de 6 000 DA pour le modèle de 28 pages sera délivré pour 10 000 DA, tandis que pour le modèle de 48 pages, son coût actuel est de 12 000 DA, il sera délivré pour 50 000 DA.