Ainsi, en commerce extérieur, il n’est plus question d’interdire les importations mais de les taxer.  Cette nouvelle démarche, destinée à la maîtrise des achats à l’étranger, a été annoncée par le ministre du Commerce Saïd Djellab.

L’idée qui la porte, elle, est ancienne. Elle a été formulée pour la dernière fois par l’ancien patron du secteur du Commerce Mohamed Benmeradi, le jour même de son départ du gouvernement.
Elle rebondit aujourd’hui comme étant, en vérité, une vieille revendication de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), toujours défendue par son président Ali-Bey Nasri. « Lors d’une rencontre avec M. Benmeradi, en juin de l’année dernière, je lui avais proposé de jouer sur le levier fiscal », affirme-t-il dans l’entretien qu’il a accordé hier à Reporters. Le dirigeant de l’Aanexal ajoute que le système suspensif est «contraire à l’esprit des accords commerciaux » au sein desquels l’Algérie est engagée. «Nous avons toujours cette idée, mais elle a mis du temps à être prise en considération», indique-t-il.  
Et d’ajouter que les responsables qui se sont succédé à la tête du département du Commerce, « sous l’effet de l’urgence et par manque d’écoute», ont négligé cette piste et sont «estés focalisés sur la licence d’importation» comme moyen de sauver les meubles depuis la chute des cours pétroliers. Selon M. Nasri, le  seul levier pour encadrer les importations consiste à mettre en place des taxes internes «en toute liberté» et sans risque de se retrouver en contradiction avec les engagements du pays en matière de commerce et d’échanges extérieurs. L’application de la taxe intérieure à la consommation (TIC), explique  le numéro 1 de l’Anexal, ne peut être contestée par aucun partenaire commercial de l’Algérie. Elle est une pratique plus conforme aux règles commerciales internationales, ajoute-t-il.
L’institution d’un droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS) renvoie donc aujourd’hui au bon sens économique et commercial et aux pratiques en vigueur. Ali-Bey Nasri donne l’exemple de ce qu’applique l’Union européenne, principal contestataire de la décision algérienne de suspendre l’importation de 851, puis 877 produits pour protéger son marché local. «L’Union européenne se défend, à travers une notion de «l’élément agricole», tout produit qui comporte un élément agricole est soumis à un droit additionnel », rapporte-t-il. Le sucre, par exemple, est taxé en interne à 110%, alors que les droits de douanes n’excèdent pas 18%. Pour le président de l’Anexal, même l’aspect provisoire du DAPS n’est pas obligatoire « car l’Algérie est dans son droit » du fait que la balance commerciale du pays est déficitaire, « l’Union européenne applique ce type de taxes», indique-t-il, rappelant que le voisin marocain, qui est membre de l’OMC, applique des droits internes allant jusqu’à 180%. D’autre part, si un exportateur algérien veut commercialiser du jus de raisin, par exemple, celui-ci est taxé à 18 euros l’hectolitre, soit
18 centimes d’euros le litre.