La situation sociopolitique actuelle du pays déplaît fortement au Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). Son président Mohcène Belabès a fortement critiqué le bilan du président de la République, lors d’un discours hier à l’ouverture du Congrès de la jeunesse de son parti.

Evoquant, en premier, le projet de loi sur la santé, adopté la semaine dernière par les députés, Belabès estime qu’«il ne peut être l’œuvre d’une administration soucieuse de réhabiliter les structures publiques de santé et d’un accès plus large aux soins des populations».  A ses yeux, «sous le slogan éculé de la médecine gratuite, ce texte de loi institue une médecine à deux vitesses», insistant sur le fait que «l’accès aux structures publiques de santé est déclaré gratuit avec l’orientation au privé pour des explorations approfondies». Autrement dit, «en dehors de la consultation, le malade est orienté vers le privé dans la mesure où les structures publiques ne sont plus tenues d’assurer la prise en charge du patient». L’autre effet de cette loi, dénoncée vigoureusement par le RCD, concerne «l’ouverture des structures, entre autres des blocs opératoires, au secteur privé», lequel «facture les actes médicaux pour les patients sans pour cela que le secteur public soit en mesure de répondre aux préoccupations de ceux qui ne peuvent payer les prises en charge chez le privé». Sur le plan social, Belabès, qui fustige «la dégringolade du pouvoir d’achat des travailleurs, le chômage massif et la répression des mouvements sociaux», ne manquera pas de pointer du doigt, la décision du ministre du Travail de rendre publique une liste de syndicats déclarés «hors la loi».  Du point de vue du responsable du RCD, «c’est un précédent grave que de voir l’administration se substituer à la justice pour interpréter la loi». Le RCD considère que la vie économique a besoin d’un patronat qui défende l’entreprise libre, créatrice de richesses, et la vie sociale doit être animée par des syndicats autonomes et représentatifs des travailleurs algériens.  A propos de la liberté de la presse, le patron du RCD fait remarquer que «le pouvoir fait fausse route et croit museler la parole à l’heure des réseaux sociaux et des innovations technologiques dans les supports de l’information».  Commentant les « chaînes interminables d’étudiants devant le Centre culturel français pour obtenir un visa et quitter le pays», il appelle les autorités à mettre en œuvre des mécanismes pour attirer la diaspora dans notre pays.
Sur la question de l’immigration clandestine, le président du parti relève que «des milliers de jeunes haraga, qui quittent le pays au risque de leur vie, sont l’autre face de ces fameuses réalisations» du bilan présidentiel. S’agissant de la relation de défiance des citoyens vis-à-vis des institutions, le RCD note que «la crise de la représentation politique, comme soulevée dernièrement par nos concitoyens de la wilaya de Tamanrasset, l’abstention massive lors des différents scrutins, ou l’absence de conditions de compétition politique loyale et le recours systématique à la répression ne sont pas les moindres des signes d’un pouvoir qui a perdu le sens de la responsabilité».