En estimant que l’Algérie demeure «un acteur-clé» au niveau régional et international pour la sécurité, la Commission européenne exprime sans ambiguïté une satisfaction sur un plan politique.

Dans son rapport sur l’état d’avancement des relations UE-Algérie, la Commission européenne n’a certes pas été tendre sur les aspects économiques, relevant un «manque de prévisibilité et de communication préalable des autorités algériennes», il n’en reste pas moins que le rapport est globalement positif notamment sur le volet sécuritaire. L’UE a rappelé le rôle de l’Algérie en Libye, « un rôle de médiation » qualifié de « significatif ». À travers un effort diplomatique soutenu et maintenu, l’organisation de plusieurs rencontres et excluant fermement une intervention étrangère, Alger se positionne comme un acteur fiable et responsable dans une région devenue particulièrement instable. La Libye déstabilisée depuis l’intervention de l’Otan demeure un objet de préoccupation majeure de l’Europe, sur divers plans, dont l’immigration clandestine exacerbée depuis que le Sahel a subi les contrecoups de «l’affaire libyenne». Les efforts de l’Algérie au Mali encourageant la mise en œuvre de l’Accord d’Alger, sont une autre source de satisfaction exprimée par l’UE. Les efforts de l’Algérie dans la formation des forces spéciales du Niger et du Mali, notamment dans les zones de combats désertiques sont mis en évidence dans le rapport. Il est patent que la stabilité régionale de l’UE passe par celle, impérative, de la rive sud de la Méditerranée. Il est aussi évident que l’UE, pour qui « l’unité des partenaires internationaux est nécessaire », a besoin d’une Algérie stable et prospère pour sa propre sécurité. L’Algérie et l’UE ont ainsi  convenu d’entretenir un dialogue stratégique et sécuritaire continu. Face aux défis communs de sécurité et de développement, qui se poseront avec plus d’acuité dans le futur, un « partenariat pour la paix et la sécurité » demeure nécessaire. Alger comme Bruxelles l’ont parfaitement compris.