La catastrophe aérienne de Boufarik, dont le bilan est très lourd, nous impose une posture de compassion et d’inclination. Il s’agit de la tragédie aérienne la plus meurtrière de l’histoire du pays, et aussi l’une des plus graves dans les annales de l’aviation internationale.

L’appareil, qui aurait subi une avarie de moteur au moment du décollage, causant une perte de puissance quelques secondes après l’envol, s’est écrasé laissant le pays sous le choc. En ces moments de deuil et de pensée pour les victimes et leurs proches, il convient de situer les responsabilités d’une telle tragédie qui a emporté tant de vies et fait basculer les destins de familles entières. L’erreur humaine, souvent évoquée dans ce type de catastrophe, ne devrait pas faire oublier que pour le transport aérien il convient de ne point laisser de place à la négligence. Bien que le risque zéro n’existe pas, il demeure impératif de ne pas céder au laisser-aller imposé par des contraintes quotidiennes. La vétusté des appareils en activité pourrait bien être l’une des causes de l’enchaînement des événements ayant abouti à cette catastrophe aérienne. À l’évidence, il y a nécessité de rajeunir une flotte devenue vieillissante, particulièrement dans son volet transport et ravitaillement visiblement négligé par rapport à d’autres domaines de l’équipement militaire. La multiplication des accidents aériens est probablement symptomatique d’une dégradation de la rigueur, même dans un domaine qui ne devrait rien laisser au hasard. Beaucoup de secteurs dans notre pays souffrent de ce recul du respect des normes, dans certains cas de nécessité impérieuse. Aujourd’hui, après cette atterrante catastrophe de Boufarik, les dispositifs mis en place ne devraient pas s’arrêter à la prudence en amont de l’accident. Ils doivent aussi faire face, en aval, à ses conséquences, tant pour assumer la déchirure qu’elle représente, que pour comprendre l’enchaînement des causes qui l’ont rendue possible. Afin d’en empêcher la réédition.