Le sénateur Abdelouhab Benzaïm est exclu des rangs du Front de libération nationale (FLN). La commission de discipline en a décidé ainsi suite à son refus de comparaître devant ses membres. Contacté, hier, par nos soins, le sénateur n’a pas hésité à dénoncer la décision d’exclusion prononcée à son encontre par l’instance disciplinaire.

«Parce que j’ai refusé de comparaître devant la commission de discipline, ils ont décidé purement et simplement de m’exclure», expliquera Benzaïm, dans une déclaration à Reporters, martelant d’entrée qu’«il s’agit d’une décision anticonstitutionnelle». «Je ne peux pas aller devant une commission qui me dénie le droit de m’exprimer et de dire mes opinions», dira-t-il, «je ne peux pas accepter que quiconque m’interdise l’expression». De l’avis du sénateur, la décision de son limogeage du FLN n’a pas été prise par les membres de la commission mais plutôt dictée par Ould Abbès. «La décision de m’exclure est politique et c’est le secrétaire général du parti qui en est son initiateur.» Il précise qu’«Ould Abbès a donné instruction à la commission de discipline pour qu’elle me sanctionne parce que j’ai refusé de me présenter devant ses membres. Cette commission est illégale, car elle a été instituée par le dernier congrès du parti, alors que la totalité de ses membres n’y sont plus, en dehors de son président. Les membres de cette commission ont été remplacés par les amis d’Ould Abbès». Le sénateur Benzaïm, pour rappel, avait reçu trois convocations de la commission de discipline de son parti pour venir s’expliquer à propos des critiques qu’il a formulées à l’endroit de la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, après la radiation des enseignants grévistes. Benzaïm avait, en effet, sévèrement critiqué la ministre, considérant que la décision de radier les enseignants grévistes était «abusive», et dénonce le «refus» du ministère de tutelle de «dialoguer avec les syndicats». «Personnellement, je refuse le remplacement des enseignants écartés car cela est de nature à semer la discorde dans le corps enseignant, voire entre les Algériens, en général», avait-il écrit sur sa page facebook. Le secrétaire général du FLN avait demandé des explications au sénateur, en vain, puisque le sénateur avait à chaque fois refusé de s’expliquer sur la question. Le rappel à l’ordre de Djamel Ould-Abbès est expliqué, selon un membre du bureau politique du parti, par l’obligation faite aux députés et aux sénateurs de soutenir l’action du gouvernement. Mais le sénateur brandit son droit constitutionnel à l’expression. «Je ne fais qu’exercer mon droit constitutionnel», a-t-il répété à chacune de ses convocations par la commission de discipline. Celle-ci a fini par décider son exclusion du parti.