La tension est montée d’un cran hier sur la Syrie, les Occidentaux redoublant de menace d’agression visant Damas.
Le président américain Donald Trump a averti la Russie de bombardements imminents contre la Syrie, peu après que Moscou eut mis en garde contre tout acte pouvant « déstabiliser la situation déjà fragile dans la région ».

La situation internationale reste tendue sous fond de battage médiatique chauffant les opinions. Le Kremlin a mis en garde contre tout acte en Syrie, après les menaces d’agression des Occidentaux contre la Syrie sous le prétexte devenu systématique du chimique. « Nous espérons encore que toutes les parties vont éviter tout acte qui ne serait en réalité en aucun cas justifié et qui pourrait déstabiliser la situation, déjà fragile sans cela dans la région », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, jugeant la situation actuelle « très tendue ». « La Russie est favorable à une enquête objective et impartiale avant d’émettre des jugements», a poursuivi Peskov. Le président américain Donald Trump s’est fondu d’un tweet particulièrement puéril en regard de la gravité de la situation promettant des « missiles » sur la Syrie. La France et l’Angleterre toujours dans le rôle du suiveur semblent parés à l’aventure guerrière. « La Russie dit qu’elle est prête à descendre tous les missiles tirés sur la Syrie. Préparez-vous, car ils arrivent » a dit Trump. Réponse de Moscou : « Les missiles américains doivent viser les terroristes et non le gouvernement légitime syrien ». « Nous ne sommes pas étonnés par cette escalade dangereuse en provenance d’un régime comme celui des Etats-Unis qui a parrainé et parraine encore le terrorisme en Syrie », a fait remarquer de son côté Damas. Les Occidentaux, Washington en tête, font planer la menace d’une agression militaire imminente visant la Syrie et prétextent du chimique pour mener leur action morbide. La Russie dément toute utilisation d’armes chimiques et met en garde contre des bombardements qui auraient « de graves conséquences » dans toute la région déjà déstabilisée par toutes ces interventions. Mardi Moscou a opposé son veto au Conseil de sécurité à un projet de résolution américain visant à créer un mécanisme d’enquête indépendant sur le recours supposé aux armes chimiques en Syrie. Ankara a réagi en exhortant Moscou et Washington à cesser leur
« bagarre de rue ». L’ambassadeur russe au Liban, Alexander Zasypkin, a affirmé que son pays était déterminé à « abattre » des missiles américains en cas de frappes contre la Syrie. L’ambassadeur russe a déclaré qu’ « en cas de frappe américaines les missiles seront abattus de même que les sources d’où ils ont été tirés ». Les conditions de la grande conflagration semblent réunies.

Des conséquences désastreuses
Alors que la tension est à son summum les conséquences d’une action armée occidentale sur le terrain syrien sont appréhendées avec inquiétudes. La région est d’autant plus minée qu’une déflagration pourrait constituer le début d’une guerre aux limites difficilement imaginables dans une région où les acteurs sont nombreux. Une intervention militaire de grande envergure des Etats-Unis et ses alliés ne laisserait pas sans réagir Damas qui joue sa survie, la Russie et l’Iran qui jouent leur avenir stratégique dans la région et dans d’autres terrains pour Moscou. Il est difficilement imaginable que le président russe Vladimir Poutine, qui a tant investi dans le conflit syrien durant plus de sept années, laisse les Américains reprendre les initiatives alors que l’armée syrienne commençait à récupérer le territoire signant de fait la défaite du plan de destruction de la Syrie. Des acteurs comme le Hezbollah et l’Iran ne resteront pas les bras croisés si l’attaque aurait pour but de faire chuter le régime par la force. Le mouvement de résistance libanais pour qui Damas est stratégique n’hésiterait pas à intervenir contre le protégé des Américains Israël. Des milliers de missiles sont prêts à l’emploi au sud Liban. Une guerre ouverte signifierait que tous les alliés des Occidentaux dans la région deviendraient une cible notamment pour le Hezbollah et l’Iran. Les iraniens n’hésiteront pas par exemple à bloquer le détroit d’Ormuz, considéré comme la « carotide de l’Occident » pour son importance stratégique. Avec les conséquences économiques mondiales qui y suivront.