Nombreuses ont été les activités du deuxième jour des Journées nationales de musique classique, organisées par l’Institut régional de formation musicale de Batna et qui se poursuivent jusqu’au 14 avril, entre masterclass,

concert éducatif à destination des enfants, répétitions, préparatifs du spectacle de clôture avec Salim Dada, et grand concert en soirée animé par les étudiants de l’INSM d’Alger et l’IRFM de Bouira.
Les Journées dédiées aux instituts de formation créent indéniablement une concurrence saine. Car ce qui nous est donné à voir depuis le début de ces journées, ce sont des étudiants qui confrontent leurs instruments et se montrent déterminés à apprendre. Si leur talent se conjugue au pluriel, il manque cependant à certains d’entre eux une certaine rigueur et une conscience de leur potentiel, qui s’apprennent aussi. Cela ne les empêche donc pas de donner le meilleur d’eux-mêmes sur scène et même en dehors, lors des répétitions et masterclass auxquelles nous avons pu assister.  Nous ne parlerons pas de relève pour le moment parce que cela impliquerait aussi création et créativité (dans une dimension plus générale) et que ce terme, galvaudé, se trouve bien souvent vidé de sa substance, mais il est tout de même évident qu’un travail important et très intéressant se fait dans les différents instituts de formation, et que les résultats peuvent être constatés sur scène. Cela a notamment été le cas lors du concert de l’Institut national supérieur de musique (INSM) d’Alger, où plusieurs étudiants ont montré toute l’étendue de leur maîtrise. Le spectacle de l’INSM a débuté par une prestation d’Islem Meghiref, qui a interprété «Ya Qelbi», une composition de Salim Dada datant de 2003, et qui a été enregistrée en 2010 à Los Angeles par le guitariste argentin Sergio Puccini. Suivra un beau solo au oud de Rabah Taklet, qui a interprété «Samai bayati», une composition d’Ibrahim Elariane (jouée notamment par Marcel Khalifa). Le pianiste Amine Tanjaoui a revisité deux morceaux de Franz Liszt, le saxophoniste Khalil Rouazmi a repris «Carnaval de Venise» de Jules Demersseman, alors que le duo alto Billal Djellab et Sonia El-Hamri a joué deux mouvement de la «Sonate da Camera» d’Arcangelo Corelli. Le trio de trompettistes composé de Housem Eddine Behyani, Amir Bouzidi et Abdelkrim Djebaili a proposé un ambitieux (mais court) programme avec des extraits du «Lac des cygnes» de Tchaïkovski et du «Bolero» de Ravel. Le chant opératique était également au programme de l’INSM, par les prestations de la soprano Ibtissem Amrane et du ténor Amara Hadj Aïssa («Noces de Figaro» de Mozart, «La donna è mobile» de Verdi, et «Lippen Shweiger» de Franz le Har).  La dernière partie du spectacle a été animée par un ensemble d’étudiants qui a joué les compositions de deux de ses membres : la première, composée par le joueur de Qanun, Belkacem Benalioua, s’inscrivait dans le sillage des musiques spirituelles et turques, et avait des accents et des parfums d’Orient ; alors que la seconde, composée par le bassiste Youba Bessa, avait des couleur jazz, oscillant entre les musiques algériennes et occidentale. Un beau moment de musique et d’échanges entre les (jeunes) musiciens. Difficile de passer après une prestation d’une telle envergure, pourtant, les musiciens de l’Institut régional de formation musicale de Bouira n’ont pas démérité, même si leur performance était plutôt classique. Assurant la deuxième partie de la soirée, les étudiants et les professeurs de l’IRFM de Bouira qui ont repris notamment des morceaux de Schubert, Bach, Vivaldi et Mozart, et ce, en duo, trio ou orchestre. Auparavant, dans la matinée, un concert éducatif à destination des élèves de l’éducation nationale a eu lieu au Théâtre régional et a été animé par l’orchestre philarmonique aurassien, sous la direction du chef d’orchestre Hanafi Miliani. En présence de nombreux élèves et de leurs enseignants, un cours musical a été dispensé, durant lequel les enfants ont été initiés aux instruments de musique, et certains d’entres eux ont été conviés sur scène pour répondre à des questions et gagner des cadeaux. Du côté de l’institut régional de formation musicale, différentes masterclass ont eu lieu (Instruments à vents et à cordes, Lutherie, composition et théorie), et il en sera ainsi tout au long de ces journées, marquée notamment par la participation de 14 écoles de formation musicale. En plus de l’encadrement de deux masterclass (guitare et composition), l’invité d’honneur de cette édition, le compositeur, musicien et musicologue Salim Dada s’occupe de la préparation du concert de clôture, durant lequel les jeunes musiciens de différents instituts (et leurs annexes) d’Algérie joueront sous sa direction quelques unes de ses œuvres. Par ailleurs, le programme d’aujourd’hui prévoit la poursuite des répétitions pour le grand concert de clôture, une visite au centre de traitement du cancer avec une animation musicale auprès des enfants, le concours de clarinette qui prévoit à son issu la récompense de trois étudiants-participants, ainsi qu’un concert de l’IRFM d’Oran et de Laghouat.