Le soutien des prix du gasoil utilisé en agriculture a été revu à la hausse par un décret exécutif publié au Journal officiel numéro 16. Ce soutien est accordé aux agriculteurs pratiquant les cultures, menées en irrigué, des céréales, des fourrages, de la pomme de terre et du palmier dattier.

Modifiant et complétant le décret exécutif de décembre 1997 relatif au soutien des prix des produits énergétiques utilisés en agriculture, le nouveau texte précise que le niveau de soutien par hectare du prix du gasoil passe à 335 DA pour les zones du littoral et du sublittoral, à 395 DA pour les Hauts Plateaux et à 455 DA pour les régions du sud. Par ailleurs, le nouveau décret exécutif indique que ce soutien s’ajoute à celui des actions éligibles au compte d’affectation spéciale intitulé « Fonds national de développement agricole» institué par les dispositions de la Loi de finances pour 2013. Cela constitue un geste utile de soutien en faveur des agriculteurs, notamment ceux des régions reculées. Cet appui est somme toute logique considérant le relèvement du prix du gas-oil qui est passé à 23,06 DA/litre (contre 20,42 DA en 2017) dans le cadre de la loi de finances pour 2018. Les prix du gasoil ajoutés à la facture de l’électricité représentent un lourd fardeau pour les agriculteurs, notamment ceux des Hauts plateaux et du Sud. Et souvent, ils traversent des temps difficiles. Il y a quelques mois, les agriculteurs d’Adrar ont été pris à la gorge ; leurs factures d’électricité non encore payées s’élevaient à 14 milliards de centimes. Sonelgaz, sous la direction d’un nouveau P-dg, leur avait demandé de les recouvrer, faute de quoi, ils risquaient de se voir couper le courant. Les agriculteurs disaient qu’ils n’avaient pas suffisamment de ressources pour pouvoir s’acquitter de la somme exigée par Sonelgaz. Il s’agit là d’une indication parmi d’autres de l’existence de difficultés spécifiques rencontrées par les agriculteurs de ces régions. L’Etat en est conscient et tente de joindre le geste à la parole dans son effort continu pour développer et promouvoir l’agriculture.
Il apporte un soutien plus important les années à venir, outre la relance de plusieurs programmes de développement agricole en suspens pour renforcer et optimiser le rendement du secteur.
Dans ce cadre, l’Etat veillera à relancer l’aide destinée aux agriculteurs et aux éleveurs notamment en ce qui concerne le fourrage, dans une démarche visant à mettre les institutions du secteur et leurs employés à l’abri de la faillite. Il semble déterminé à exploiter chaque assiette foncière agricole à travers le pays et à œuvrer à renforcer le rôle de ce secteur. Le gouvernement s’est engagé depuis quelques mois dans une démarche de promotion des investissements dans les régions des hauts plateaux et du sud à travers la mise en valeur d’importantes superficies. Et, il veillera à relancer les fermes pilotes publiques. Les autorités se réjouissent par ailleurs de constater que certaines filières offrent une bonne marge de manœuvre au pays en matière de production, citant en exemple l’élevage de vaches laitières, une activité susceptible de réduire la facture d’importation du lait en poudre et favoriser le recrutement de davantage de main œuvre qualifiée. Concernant l’irrigation des terres agricoles, il est question de lancer une étude de nouveaux projets sur le transfert des eaux des régions du sud à celles des hauts plateaux en vue de leur exploitation dans le secteur agricole afin d’optimiser son rendement. Il reste cependant beaucoup à faire pour réaliser entièrement les objectifs que s’est donné le secteur agricole dont l’apport dans le PIB est encore marginal.