La séance de négociations entre les médecins résidents et le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, mardi, s’est terminée avec quelques petites avancées dans la prise en charge des doléances des grévistes.

Dans le procès-verbal sanctionnant les travaux de cette réunion, qui s’est déroulée jusqu’à tard dans la soirée de mardi, il a été convenu d’installer une commission mixte qui se chargera de faire des propositions sur l’amendement du statut du médecin résident. «Un accord a été donné par le ministre pour ouvrir le dossier de révision du statut de résident. Pour ce faire, il déclare être disposé à installer une commission mixte dès demain (hier mercredi), chargée de faire des propositions sur l’amendement du statut, à l’exception des dispositions pouvant avoir une incidence financière», précise le document.
Concernant le service civil, le ministère s’est contenté de se dire «favorable à la modulation de la durée du service civil, selon le tableau remis aux représentants des résidents séance tenante», tout en écartant la possibilité de supprimer le caractère obligatoire de cette mesure. Sur le point relatif à la prime liée au service civil, la tutelle a décidé l’octroi d’une prime mensuelle qui «variera entre 20 000 et 60 000 DA selon les zones, à la charge des collectivités locales pendant la durée du service civil», précise le texte.
Le ministère de la Santé s’engage, également, à «garantir un logement décent individuel et équipé pour les praticiens assujettis au service civil dans les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux», tandis que «dans les wilayas du Nord, le logement sera garanti lorsque la distance entre le domicile du praticien spécialiste et son lieu d’affectation dépasse 50km». «En cas d’indisponibilité du logement au niveau de l’établissement de santé, le directeur est dans l’obligation de recourir à une location», souligne-t-on. S’agissant du regroupement familial, la tutelle affirme avoir pris en charge la revendication des médecins résidents. «Il a été retenu le principe d’accorder un regroupement familial à tous les couples appartenant au secteur de la santé sans passage par la commission de recours, pour les autres couples leurs demandes seront examinées par la commission de recours dans un délai de deux mois maximum de la première affectation», lit-on dans le document. Evoquant le plateau technique, le ministère s’est engagé pour que «les affectations des spécialistes se fassent en fonction du plateau technique propre à chaque spécialité. Ceci est une condition pour l’ouverture des postes». Pour le congé de maternité et autres positions administratives, le praticien assujetti au service civil «bénéficie de l’ensemble des droits accordés dans le statut général de la Fonction publique». Concernant le service national, la tutelle s’est limitée à rappeler la solution qu’elle avait proposée le mois dernier, à savoir la déduction de la période accomplie du service national de la durée du service civil.
S’agissant de l’activité lucrative, «un accord de principe a été donné pour faire bénéficier le praticien spécialiste assujetti au service civil de deux demi-journées par semaine pour exercer une activité lucrative sans conditions d’ancienneté dans les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux».

Nouvelle rencontre le lundi 16 avril
A propos des revendications relatives à la formation et à la pédagogie, elles «seront prises en charge en étroite collaboration entre les deux départements ministériels et les autres instances concernées», assure-t-on. Concernant le point relatif à l’ouverture du droit à l’installation d’un laboratoire polyvalent à titre privé, la tutelle «informe que cette revendication sera prise en charge dans le cadre du nouveau projet de loi relative à la santé».
Par la même occasion, le ministère de la Santé a «réitéré» sa demande aux résidents de suspendre leur mouvement de grève, «tout en réaffirmant que les portes du dialogue restent ouvertes et qu’une réunion est prévue pour la semaine prochaine», conclut le document.
Réagissant hier, le représentant du Camra, Dr Hamza Boutaleb, a affirmé que la rencontre de mardi a été certes « sérieuse », mais pas « positive ». Même si chacune des deux parties reste campée sur ses positions, Dr Hamza Boutaleb estime néanmoins que l’important c’est que le dialogue reste ouvert. Lors de la dernière rencontre, une séance de travail a eu lieu entre les résidents et le comité interministériel concernant la révision de statut particulier du résident. En attendant d’arriver à une issu à la crise qui dure depuis 5 mois, la grève illimitée continue et les examens de DEMS boycottés ont pris fin hier.