Ali Laskri, député, et Hadj Djilani, premier secrétaire national du FFS, étaient les hôtes de la section de la ville de Draâ Ben Khedda du parti. Ils étaient invités à animer un meeting à l’occasion de la Journée du militant, initiée par ce parti en hommage à Ali Mecili, victime d’un assassinat politique, à Paris,
le 7 avril 1985.

Les deux cadres dirigeants du FFS ont rendu un hommage appuyé à un opposant politique, dont une élue à l’APW de Tizi Ouzou et membre du conseil national du FFS a dénoncé avec force l’assassinat pour «délit d’amour à son pays», lors du meeting. Dans leurs interventions respectives, Ali Laskri et Hadj Djilani reviendront sur le parcours d’Ali Mecili, militant avant et après l’indépendance du pays.
«Un homme qui, après avoir apporté sa part au combat libérateur du pays, a jugé utile de le poursuivre pour l’instauration de la démocratie en Algérie», dira Ali Laskri. Il appellera les militants du FFS à la défense de la mémoire d’Ali Mecili et à s’inspirer du combat de ce militant qui «a voulu rassembler les Algériens au-delà des clivages idéologiques politiques». Des valeurs et des qualités soulignées par Hadj Djilali qui ne manquera pas, lui aussi, de s’incliner à la mémoire du compagnon d’Aït Ahmed, qu’était Ali Mecili, dont il dénoncera «l’assassinat par un vulgaire truand en service commandé. C’est dire qu’il y a, d’un côté, un militant qui fait de la politique et, de l’autre, le truand qui se nourrit de la politique», accusant sans nuances l’Etat algérien d’avoir commandité un tel acte.
Un acte similaire à tous les actes qui, d’après lui, ont ciblé d’autres cadres du parti, comme M’Barek Mahiou et Rabah Aïssat, l’ex-P/APAW de Tizi Ouzou.
«La Journée du militant est l’occasion d’exiger que la vérité soit faite sur ces assassinats politiques», réclamera le premier secrétaire national du parti. «L’affaire Mecili ne sera close que lorsque la justice sera rendue par la condamnation du criminel», dira Hadj Djilani. Il rappellera que «pour le FFS, la fidélité à l’idéal qu’incarnait Ali Mecili, c’est aussi continuer le combat pour la justice sociale, un pluralisme culturel et politique apaisé, un consensus national, établi sur des principes démocratiques pour une deuxième République qui consacre un véritable Etat de droit».
Ce constat accablant établi par le secrétaire national du parti ne déroge en rien à la situation qualifiée de difficile sur les plans politique, économique et social actuels que traverse le pays. «Le régime fait tout pour annihiler toute action politique organisée dans la société», dira-t-il. Il citera les multiples atteintes aux libertés d’expression politiques et syndicales. Ces dérives constituent «une preuve que le pouvoir est incapable de trouver des solutions consensuelles et équitables aux revendications sociales et citoyennes». Le citoyen ne veut pas «payer le prix de décisions prises sans le consulter», assénera-t-il saluant la résistance des syndicats autonomes bien qu’ils soient la cible de toutes sortes de pressions sous la forme administrative, juridique et policière.
Pour le FFS, «il y a des lignes rouges que le pouvoir ne doit jamais franchir. Notre ligne, aujourd’hui, c’est l’Etat de droit, les libertés démocratiques. C’est la sacralité de la souveraineté nationale, de l’indivisibilité du territoire et la préservation de l’Etat social en opposition à l’Etat libéral, conformément aux principes du 1er Novembre», clamera le premier secrétaire nationale du parti fondé par Aït Ahmed.
A signaler que les deux cadres dirigeants, dont les divergences sont notoires avec l’aile Baloul et Amokrane Cherifi quant au règlement de la crise organique consécutive à la démission du député Ali Laskri de son poste de membre de l’instance présidentielle, n’ont pas évoqué le congrès extraordinaire du 20 avril prochain, qui devrait régler ce contentieux qui divise et qui tient en haleine l’ensemble de la famille militante du FFS, de même que les observateurs attentifs à la vie de plus ancien parti d’opposition en Algérie.