La direction nationale du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) et le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière reprendront, aujourd’hui, les pourparlers après plusieurs semaines de rupture et d’escalade.

Les deux parties vont s’assoir à nouveau autour de la même table de négociations en vue de trouver un terrain d’entente qui pourrait mettra fin à la grève qui paralyse les CHU depuis près de cinq mois.
La reprise du dialogue intervient après l’échec des rencontres précédentes, la dernière en date remontant au 12 mars dernier. Les deux parties se sont séparées sans parvenir à un accord susceptible de mettre un terme à une grève qui a trop duré et pénalisé aussi bien les patients que les résidents eux-mêmes.
Se rencontrer à nouveau aujourd’hui est une opportunité à saisir pour éviter le pire et tenter de sauver l’année universitaire. Chacune des parties en conflit est appelée à faire des concessions, à se comporter avec sagesse et à faire preuve de retenue, car un nouvel échec des négociations entraînera des conséquences dramatiques sur la formation universitaire, voire sur tout le système de santé publique.
Si le désaccord persiste au-delà de la mi-avril, l’année blanche sera déclarée de fait par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Un tel scénario provoquera un dysfonctionnement majeur dans le système national de formation des médecins spécialistes. En effet, il sera extrêmement difficile pour les doyens des facultés de médecine du pays d’organiser le concours de résidanat session 2018 qui devrait avoir lieu au dernier trimestre de l’année en cours. Avec la surcharge existante, conjuguée au manque d’encadrement, les facultés de médecine ne seront pas en mesure de gérer deux sections pour la même année de formation. Autrement dit, les médecins résidents première année, qui vont refaire l’année, ne vont libérer de places aux lauréats du concours de résidanat. Pour régler ce problème, il va falloir ouvrir deux sections.
Pour rappel, les 23 et 24 mars derniers, les délégués des médecins résidents avaient tenu une réunion d’évaluation au CHU de Sidi Bel Abbès au cours de quelle il avait été décidé de durcir le ton avec la tutelle en cas d’un nouvel échec des négociations. Les formes ainsi que la date de cette éventuelle escalade n’ont pas été révélées.  Dans une précédente déclaration à « Reporters », le chargé de communication de Camra a affirmé que son organisation ira à la rencontre du ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Pr Mokhtar Hazbellaoui avec la volonté d’arracher tous les points de sa plateforme de revendications. « Nos revendications sont toutes légitimes. Nous n’allons pas accepter de céder », a-t-il dit. Principalement, les médecins résidents réclament la révision profonde du service civil, la suppression du service national  pour les médecins spécialistes, la refonte du système de formation des médecins résidents et l’amélioration des conditions socioprofessionnelles pendant le service civil et autres.
Pour le service civil, les pouvoirs publics estiment qu’au moment actuel, il est hors de question de le supprimer pour toutes les spécialités en raison du manque de médecins dans les structures de santé publique.
Ils proposent, par contre de réduire le nombre de spécialités concernées par le service civil.